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Publication des résultats de l’enquête sur un gang loyaliste

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 décembre 2025 à 07h41. Un rapport très attendu sur les activités du tristement célèbre « Glenanne Gang », soupçonné d’être responsable de plus de 120 meurtres en Irlande du Nord dans les années 1970 et 1980, dont les attentats de Dublin et Monaghan, doit être rendu public aujourd’hui. L’enquête, baptisée Opération Denton, examinera également le rôle d’un agent infiltré de l’armée britannique au sein de l’IRA, connu sous le nom de Stakeknife.

  • Le rapport final de l’Opération Denton devrait révéler de nouveaux détails sur le fonctionnement du « Glenanne Gang », un groupe paramilitaire loyaliste impliqué dans de nombreux actes de violence.
  • Un rapport sur l’agent Stakeknife, soupçonné d’être impliqué dans 14 meurtres, sera également publié, bien que son identité ne soit pas officiellement révélée.
  • Les attentats de Dublin et Monaghan, qui ont fait 34 morts et plus de 250 blessés, sont au cœur de l’enquête, avec des allégations persistantes de collusion entre les forces de sécurité britanniques et les auteurs des attentats.

L’Opération Denton a été lancée en mars 2020 suite à une décision de justice ordonnant un examen indépendant des activités du « Glenanne Gang » et des allégations de collusion avec les forces de l’ordre. Ce groupe, composé de membres de l’Ulster Volunteer Force (UVF), ainsi que d’anciens membres du Royal Ulster Constabulary (RUC) et de l’Ulster Defence Regiment (UDR), est accusé d’avoir semé la terreur en Irlande du Nord et dans la République d’Irlande pendant plus d’une décennie.

Outre les attentats de Dublin et Monaghan, survenus le 17 mai 1974, le « Glenanne Gang » est également soupçonné d’être impliqué dans le massacre du Miami Showband en 1975, ainsi que dans des attentats à la bombe à Belturbet, Dundalk, Castleblayney et à l’aéroport de Dublin. Ces attaques, souvent menées sans avertissement, ont causé la mort de 127 personnes au total, principalement dans les comtés d’Armagh et de Tyrone, mais également en République d’Irlande.

Les attentats de Dublin et Monaghan, qui ont constitué le bilan le plus meurtrier d’une seule journée pendant les Troubles, ont été perçus comme un avertissement au gouvernement irlandais contre toute ingérence politique en Irlande du Nord. Malgré l’ampleur de la tragédie, personne n’a jamais été inculpé ou condamné pour ces crimes, bien que les forces de sécurité aient identifié certains des responsables peu après les explosions.

Les allégations de collusion entre les auteurs des attentats et les services de renseignement britanniques ont persisté pendant des décennies. Iain Livingstone, responsable de l’Opération Denton, a déclaré l’année dernière qu’il n’avait « aucun doute » sur l’existence d’une telle collusion dans les attentats de Dublin et Monaghan. Cependant, une enquête précédente menée par le juge Henry Barron en 2003 avait conclu qu’il n’existait aucune preuve formelle de collusion, bien qu’il soit probable que des membres de l’UDR et du RUC aient eu connaissance des préparatifs des attentats.

Parallèlement, le deuxième et dernier rapport de l’Opération Kenova, portant sur les activités de l’agent le plus haut placé de l’armée britannique infiltré au sein de l’IRA, connu sous le nom de Stakeknife, sera également publié. Bien que l’identité de Stakeknife soit largement considérée comme étant celle de Freddie Scappaticci, un ancien membre de l’IRA de l’ouest de Belfast, le rapport ne devrait pas confirmer officiellement son nom en raison de la politique britannique de ne ni confirmer ni infirmer l’identité des informateurs.

Stakeknife occupait une position élevée au sein de l’unité de sécurité interne de l’IRA, chargée d’identifier et d’éliminer les présumés informateurs. Un rapport intermédiaire publié en mars de l’année dernière l’a lié à 14 meurtres et 15 enlèvements, suggérant que des vies avaient été sacrifiées pour le protéger et qu’il était probable que ses actions aient causé plus de morts qu’elles n’en aient épargné. Jon Boutcher, chef de la police du PSNI et ancien chef de l’Opération Kenova, avait exprimé l’espoir que le rapport final révélerait l’identité de Stakeknife.

Freddie Scappaticci a fui l’Irlande du Nord en 2003 et a vécu en Angleterre sous un faux nom. Il serait mort en mars 2023 à l’âge de 77 ans sans avoir jamais été inculpé. L’enquête Kenova, qui a duré huit ans et coûté environ 40 millions de livres sterling (environ 47 millions d’euros), n’a pas abouti à l’inculpation de quiconque.

Kevin Winters, avocat représentant plusieurs victimes de Stakeknife, a exprimé sa déception face à la probable non-divulgation de l’identité de l’agent.

« Cela équivaut presque à deux pas en avant, trois en arrière étant donné que la dernière indication, officiellement communiquée, selon laquelle en fait le rapport Kenova ne confirmera pas l’identité de l’agent connu sous le nom de Stakeknife. »

Kevin Winters, avocat

Il a ajouté :

« Cela constitue un coup dur et majeur pour toutes ces familles qui, avouons-le, ont investi énormément de temps, d’énergie et d’énergie émotionnelle dans ce processus, cette enquête. Qu’on leur dise au tout dernier jour de cette enquête de Kenova, dans le rapport final, qu’ils ne sont pas en mesure de nommer l’agent Stakeknife, c’est une pilule amère à avaler. »

Kevin Winters, avocat

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