Une décision de justice récente met en lumière les failles potentielles en matière de confidentialité liées à l’utilisation des intelligences artificielles conversationnelles. OpenAI a été contrainte de céder 20 millions d’enregistrements d’activité de ChatGPT, soulevant des questions sur la protection des données personnelles des utilisateurs.
Contrairement à certains fournisseurs de services VPN qui garantissent l’absence de conservation des données de navigation, les chatbots comme ChatGPT conservent généralement l’historique des conversations et d’autres informations relatives aux utilisateurs. Cette pratique expose ces données à d’éventuelles demandes judiciaires, comme l’a démontré cette affaire.
L’ordonnance du tribunal, initialement portant sur 120 millions d’enregistrements avant d’être réduite à 20 millions, illustre l’ampleur des bases de données accumulées par ces plateformes d’IA. Cette affaire, qui découle d’un litige concernant les droits d’auteur, souligne la quantité considérable d’informations collectées et stockées par ces outils.
La différence fondamentale réside dans les politiques de confidentialité. Les VPN réputés s’engagent à ne pas conserver de journaux d’activité (« no-logs »), ce qui signifie qu’en cas de demande légale, ils n’ont rien à fournir. Un exemple notable est l’affaire impliquant le prestataire Scribe à Vent en Grèce, où la procédure a été classée faute de preuves exploitables. En revanche, les chatbots IA collectent et conservent souvent des données telles que l’historique des échanges, des informations sur l’appareil utilisé ou la localisation géographique de l’utilisateur.
Une précédente affaire impliquant le New York Times et OpenAI avait déjà révélé que cette dernière était tenue de conserver certains contenus indéfiniment, mettant en évidence un décalage entre les déclarations publiques et les pratiques réelles. Cette rétention prolongée des conversations, parfois jusqu’à ce que l’utilisateur procède à une suppression manuelle, crée une incertitude quant au respect de la vie privée.
« Toute interaction avec une IA peut potentiellement se retrouver devant un tribunal », avertit le Dr Ilia Kolochenko, de l’entreprise ImmuniWeb. Il souligne le risque que les informations générées par les utilisateurs soient utilisées dans des enquêtes judiciaires ou conduisent à des poursuites pénales.
Face à cette situation, plusieurs solutions peuvent être envisagées. L’utilisation de modèles d’IA locaux, comme Lumode développé par Proton, permet de traiter les données directement sur l’appareil de l’utilisateur, sans transit via un serveur central. Bien que moins performants que les modèles basés sur le cloud, ils offrent un meilleur contrôle de la confidentialité.
Il est également essentiel de consulter attentivement la politique de confidentialité avant de partager des informations sensibles. Combiner l’utilisation raisonnée d’un VPN avec la préférence pour des solutions locales constitue une approche complémentaire pour atténuer les risques liés au stockage massif de données par les géants de l’IA.
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