Home Monde« Quand le financement afflue, l’ambition grandit » : l’appel à l’action de la COP30

« Quand le financement afflue, l’ambition grandit » : l’appel à l’action de la COP30

by Clara Dubois

Publié le 15 novembre 2025 18:02:00. La mobilisation de financements climatiques suffisants est au cœur des discussions à Belém, au Brésil, où se tient la COP30. Les nations les plus vulnérables insistent sur le fait que l’accès à ces ressources est une question de survie, tandis que les dirigeants appellent à une action concrète pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

  • Le financement climatique est considéré comme l’élément vital pour transformer les engagements en actions concrètes et atteindre les objectifs climatiques mondiaux.
  • Les investissements mondiaux dans les énergies propres ont dépassé les 2 000 milliards de dollars en 2024, surpassant les investissements dans les combustibles fossiles.
  • L’Afrique, malgré un potentiel d’énergie renouvelable considérable, reste confrontée à un manque criant d’accès à l’électricité et à un déficit de financement.

La conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, ou COP30, qui se déroule actuellement à Belém, au Brésil, est dominée par une seule question : le financement. Les représentants des pays les plus touchés par les conséquences du réchauffement climatique ont souligné avec insistance que l’accès aux ressources financières n’est pas simplement une question de développement, mais une condition essentielle à leur survie.

Lors du troisième dialogue ministériel de haut niveau sur le financement climatique, les dirigeants ont insisté sur le rôle moteur du financement dans la transition vers une économie plus verte. Annalena Baerbock, Présidente de l’Assemblée générale, a appelé à la mise en œuvre d’un financement climatique annuel atteignant 1 300 milliards de dollars (environ 1 200 milliards d’euros) – des fonds qui doivent « atteindre ceux qui en ont le plus besoin, rapidement, de manière transparente et équitable ».

« L’insécurité climatique alimente la faim et la pauvreté, la pauvreté alimente les migrations et les conflits ; et les conflits, à leur tour, aggravent la pauvreté et découragent les investissements. »

Annalena Baerbock, Présidente de l’Assemblée générale

Mme Baerbock a souligné l’indissociabilité de l’action climatique et de la justice sociale, mettant en garde contre un cercle vicieux où les crises climatiques exacerbent les inégalités et les tensions géopolitiques.

En rappelant le 10ème anniversaire de l’Accord de Paris, elle a évoqué l’émotion palpable qui avait marqué l’adoption de ce traité historique en 2015. À l’époque, les énergies renouvelables étaient souvent perçues comme utopiques. Aujourd’hui, elles connaissent une croissance exponentielle et représentent la source d’énergie la plus dynamique au monde.

Les chiffres sont éloquents : en 2024, les investissements mondiaux dans les énergies propres ont atteint 2 000 milliards de dollars, dépassant de 800 milliards de dollars les investissements dans les combustibles fossiles. L’énergie solaire est désormais la forme d’électricité la moins chère de l’histoire.

Cependant, cette dynamique positive ne doit pas masquer les disparités persistantes. Mme Baerbock a mis en lumière le potentiel inexploité de l’Afrique, où plus de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité, alors que le continent dispose d’un potentiel d’énergie renouvelable 50 fois supérieur à la demande mondiale prévue pour 2040.

Elle a appelé les pays développés à honorer leurs engagements financiers et technologiques et à œuvrer à une réforme des institutions financières internationales pour faciliter l’accès aux capitaux.

Simon Stiell, Secrétaire exécutif de l’ONU sur le changement climatique, a insisté sur le rôle vital du financement climatique, capable de transformer « les plans en progrès » et « l’ambition en mise en œuvre ».

« Le financement climatique est l’élément vital de l’action climatique. »

Simon Stiell, Secrétaire exécutif de l’ONU sur le changement climatique

Il a toutefois souligné que les pays les plus vulnérables continuent de rencontrer des obstacles majeurs pour accéder aux fonds promis depuis longtemps, et que le volume total des financements reste insuffisant et insuffisamment prévisible.

« Lorsque les financements affluent, l’ambition grandit », a-t-il conclu, appelant les délégués à démontrer l’efficacité de la coopération climatique et à investir dans un avenir plus résilient et prospère pour tous.

Actualités de l’ONU assure une couverture en direct de la COP30 depuis Belém.

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