La paralysie politique aux États-Unis se prolonge : la fermeture partielle du gouvernement fédéral a franchi le cap de trois semaines ce vendredi 18 octobre 2025, sans signe de déblocage entre démocrates et républicains. Plusieurs échéances cruciales s’annoncent, susceptibles d’accroître la pression sur les législateurs et de forcer une résolution.
Depuis le 1er octobre, le Sénat a échoué à plusieurs reprises à trouver un accord pour financer l’administration américaine. Un projet de loi républicain visant à prolonger temporairement le financement a été rejeté pour la dixième fois en début de semaine. Les démocrates conditionnent la réouverture à une prolongation du programme Medicaid, dont les fonds expirent à la fin de l’année, tandis que les républicains insistent pour traiter les deux questions séparément.
« Nous sommes prêts à négocier avec les démocrates sur leurs exigences concernant Medicaid, mais seulement si le gouvernement rouvre et que le travail reprend pleinement », a déclaré John Thune, chef de la majorité sénatoriale républicaine, le 17 octobre.
L’attention se focalise désormais sur plusieurs dates clés. Le 24 octobre, plus de deux millions de fonctionnaires fédéraux pourraient subir une suspension de salaire. Bien qu’une loi de 2019 prévoie théoriquement le versement des arriérés, cette interruption de revenus pèsera sur les finances familiales, en particulier dans les régions où la présence fédérale est forte.
Les contrôleurs aériens sont particulièrement concernés : plus de 10 000 travaillent actuellement sans rémunération. Lors de la précédente fermeture gouvernementale en 2019, des absences massives de contrôleurs avaient provoqué d’importants retards de vols et contribué à débloquer la situation.
Le 31 octobre représente une autre échéance critique, avec le jour de paie de plus d’un million de militaires en service actif. Le paiement de ces salaires n’est pas garanti. Si le gouvernement a utilisé 8 milliards de dollars (environ 7,3 milliards d’euros) de fonds de recherche du Pentagone pour effectuer un paiement partiel le 15 octobre, cette solution ne sera plus disponible.
« Vous devez comprendre que lorsque les salaires seront payés dans deux semaines, cette option n’existera plus », a souligné Mike Rogers, président de la commission des services armés de la Chambre des représentants, le 17 octobre. « Deux millions de militaires sont payés cette semaine, grâce à l’ingéniosité du président Trump. Ces militaires et leurs familles vivent partout dans le monde, souvent dans des environnements difficiles, et font d’énormes sacrifices pour défendre notre liberté et notre sécurité. La plupart dépendent de leur salaire pour subvenir aux besoins de leur famille. »
Par ailleurs, environ 500 000 travailleurs civils fédéraux ne recevront pas leur salaire complet la semaine prochaine, une situation qui pourrait s’étendre à d’autres employés. John Thune a proposé un projet de loi pour garantir le paiement des salaires des militaires et des employés « essentiels » (ceux qui doivent continuer à travailler pendant la fermeture), mais il ne couvre pas le personnel mis en congé et son adoption pourrait s’avérer difficile sans le soutien démocrate.
Le 1er novembre, date d’ouverture de la période d’inscription à l’Affordable Care Act (loi sur les soins de santé), constitue un autre point de tension. Les démocrates mettent en garde contre le risque que des millions d’Américains s’inscrivent sans savoir s’ils pourront payer leurs primes en 2026. Les républicains affirment que les subventions actuelles sont garanties jusqu’à la fin de l’année et que les négociations ne pourront reprendre qu’une fois le gouvernement rouvert. Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut, a déclaré la semaine dernière : « Si le problème n’est pas résolu avant le 1er novembre, la voie législative sera plus difficile et la pression publique en faveur d’une action augmentera considérablement. »
Enfin, Thanksgiving, le 27 novembre, pourrait également devenir un moment critique, avec le personnel de la Transportation Security Administration (TSA) et les contrôleurs aériens contraints de travailler pendant la période de voyage la plus chargée de l’année, malgré de longues périodes sans salaire.