Publié le 15 janvier 2026 à 06h42. Face à une répression sanglante des manifestations en Iran, le président américain Donald Trump brandit la menace d’une intervention, promettant une aide imminente tout en pesant les risques d’une escalade régionale.
- Donald Trump a promis une aide à l’Iran tout en menaçant de sanctions et d’actions militaires en réponse à la répression des manifestations.
- L’administration américaine envisage diverses options, allant des frappes aériennes ciblées à des cyberopérations, tout en évitant pour l’instant un déploiement massif de troupes.
- Le débat interne à Washington porte sur l’équilibre entre le soutien au peuple iranien et le risque d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
La situation en Iran s’est envenimée ces dernières semaines, les manifestations déclenchées par la crise économique et l’inflation galopante se transformant en un défi majeur pour le régime théocratique. Les forces de sécurité ont réprimé brutalement les protestations, faisant craindre un bilan très lourd, estimé à plus de 2 000 morts selon certaines sources.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a exhorté les « patriotes iraniens » à poursuivre leur contestation et à « prendre le contrôle des institutions ». Il a également annoncé l’annulation de toutes réunions avec des représentants iraniens jusqu’à ce que « les meurtres insensés de manifestants cessent ». « L’AIDE EST EN CHEMIN ! », a-t-il ajouté, reprenant son slogan de campagne « MIGA » (Make Iran Great Again, ou « Rendre sa grandeur à l’Iran »).
L’administration américaine semble glisser vers une intervention plus directe après des années de menaces intermittentes. La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que, bien que la diplomatie reste privilégiée, le président « n’a pas peur d’utiliser la force meurtrière et la puissance militaire des États-Unis » si le régime continue de tuer des manifestants.
« Les frappes aériennes seraient l’une des nombreuses options que le commandant en chef a sur la table. »
Karoline Leavitt, secrétaire de presse de la Maison Blanche
Le Pentagone étudie plusieurs scénarios, allant de frappes aériennes ciblées sur des dirigeants iraniens ou des installations militaires à des cyberopérations visant à perturber les réseaux du régime. Des bases aériennes américaines et alliées au Moyen-Orient pourraient être utilisées pour lancer de telles opérations, nécessitant l’autorisation d’utiliser des bases dans des pays comme le Qatar, Bahreïn, l’Irak, les Émirats arabes unis, Oman et l’Arabie saoudite, et la protection de ces pays contre d’éventuelles représailles.
Cependant, les options militaires de Washington sont plus limitées qu’en juin 2025, lorsque les États-Unis ont bombardé trois installations nucléaires iraniennes en réponse à des attaques israéliennes. Une grande partie des forces américaines a été redéployée dans les Caraïbes pour l’opération ayant mené à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro au début du mois.
L’administration Trump doit également tenir compte des risques d’une escalade régionale. Selon des experts, assassiner le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, serait une action extrêmement risquée, susceptible de déclencher une guerre totale au Moyen-Orient.
« Éliminer Khamenei, c’est incroyablement risqué et cela risque de déclencher une guerre totale au Moyen-Orient. »
Danny Citrinowicz, analyste de la défense israélien, cité par le Daily Mail
Parallèlement aux options militaires, Washington explore des mesures moins agressives, telles que des cyberopérations contre les réseaux militaires et gouvernementaux iraniens, des opérations de renseignement ou des actions visant à contourner la censure d’Internet imposée par le régime. Donald Trump a même évoqué la possibilité de contacter Elon Musk pour rétablir l’accès à Internet en Iran via son service Starlink.
Le débat interne au sein du gouvernement américain reflète les tensions plus larges qui caractérisent la politique étrangère de Trump. Après une campagne électorale axée sur la modération et le scepticisme à l’égard des interventions militaires, le président a adopté une rhétorique plus agressive, recourant à des menaces et à des démonstrations de force, tout en affirmant son désir d’éviter un conflit majeur.
Plusieurs législateurs américains ont exprimé leurs préoccupations quant au risque d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient.
« Quel est le but ? Ils répriment leur peuple, mais le président n’a pas encore démontré qu’une attaque militaire bénéficiera à la population ou provoquera un changement radical au sein du gouvernement. »
Jack Reed, sénateur du Rhode Island
Les manifestations en Iran ont débuté le 28 décembre, initialement motivées par la détérioration de la situation économique et la forte inflation. Elles se sont rapidement transformées en un mouvement de contestation plus large, appelant à la fin du régime théocratique. Les dirigeants iraniens affirment contrôler la situation et accusent des forces étrangères d’ingérence, menaçant de représailles en cas d’attaque.
AP, AFP et agences de presse
