Publié le 9 octobre 2024. L’inflation a profondément modifié les habitudes des consommateurs français, qui réduisent les quantités achetées, privilégient les promotions et fractionnent leurs courses pour limiter l’impact sur leur budget, selon une étude de l’Insee basée sur les données de l’ensemble des enseignes du groupe Casino.
- Entre 2021 et 2022, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 12 %, poussant les consommateurs à revoir leurs achats.
- Les catégories de produits laitiers et d’œufs, pains et céréales, ainsi que cafés, thés et cacaos ont connu les hausses de prix les plus importantes.
- Les ménages réagissent en multipliant les visites en magasin mais en achetant des quantités plus faibles à chaque fois.
L’Insee a analysé les tickets de caisse de l’ensemble des enseignes du groupe Casino France (DCF) – incluant Casino, Géant Casino, Proxi, Spar, Vival, Leader Price, Naturalia, Monoprix et Franprix – sur la période allant de janvier 2021 à décembre 2022. Les prix des produits analysés se situaient en moyenne entre 2 et 3 € et dépassaient rarement les 10 €.
L’étude révèle une forte accélération de l’inflation alimentaire en 2022, avec une augmentation de 12 % des prix en décembre par rapport à l’année précédente. Près de la moitié des produits ont vu leur prix augmenter de 10 % ou plus, tandis que seulement 11 % ont connu une baisse de 2 % ou plus. Selon l’Insee, pour chaque augmentation de 1 % du prix d’un produit, les quantités vendues diminuent de 0,6 %.
Les produits laitiers et les œufs ont subi la plus forte augmentation de prix (+17,3 %), suivis des pains et céréales (+13,7 %) et des cafés, thés et cacaos (+13,7 %). En conséquence, les achats de ces catégories ont diminué, avec une baisse de 10,1 % pour le café, le thé et le cacao, et de 2,1 % pour les pains et céréales. En parallèle, les consommateurs ont réduit leurs dépenses dans les catégories « autres alcools » et « vins, cidres et champagnes », dont les prix ont moins augmenté.
Plus de passages en caisse, des paniers allégés
L’étude de l’Insee confirme un changement profond dans les comportements d’achat. Face à la hausse générale des prix, les consommateurs cherchent à optimiser leurs dépenses pour préserver leur pouvoir d’achat.
Concrètement, cela se traduit par des visites plus fréquentes au supermarché, mais avec des paniers moins garnis. Le panier moyen, qui comptait 7 articles en 2021, n’en contient plus que 6 à la fin de 2022. Les consommateurs privilégient également les produits en promotion, les petits conditionnements ou les gammes de prix inférieures.
Fin 2022, 68 % des ménages déclaraient avoir modifié leurs habitudes d’achat alimentaire en raison de l’inflation. 15 % affirmaient réduire leur consommation globale, 9 % diversifiaient les magasins visités et 9 % changeaient de gamme de produits.
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