L’Irlande assumera la présidence du Conseil de l’Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2026, une opportunité clé pour influencer la législation européenne et défendre les intérêts nationaux. Cette nouvelle responsabilité s’accompagne de défis importants, notamment en matière de sécurité et de financement.
La présidence du Conseil de l’Union européenne, qui tourne tous les six mois entre les États membres, confère à l’État en charge le rôle de co-législateur avec le Parlement européen. L’Irlande, qui a déjà exercé cette fonction à sept reprises (en 1975, 1979, 1984, 1990, 1996, 2004 et 2013), sera chargée de mener les réunions du Conseil et de définir les priorités et la législation de l’UE.
Le gouvernement irlandais a mené des consultations publiques, qui se sont achevées le 12 décembre, afin de recueillir les opinions de la société civile et d’orienter les domaines d’intervention de la présidence. La durabilité sera un thème central, avec la tenue de réunions de haut niveau, dont certaines pourraient se dérouler en dehors de Dublin.
Par ailleurs, la sécurité constitue une préoccupation majeure. L’incident récent impliquant des drones, potentiellement russes, dans l’espace aérien lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a mis en évidence les vulnérabilités de l’Irlande. Le président du Conseil européen, António Costa, a toutefois exprimé sa confiance dans la capacité de l’Irlande à assurer la sécurité de l’État et du Conseil européen.
L’eurodéputé Barry Andrews a souligné un manque de préparation face aux menaces, notamment dans les eaux territoriales irlandaises. Il a estimé que l’Irlande pourrait bénéficier du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, un programme de financement de l’UE qui devrait passer de 6 milliards d’euros à 30 milliards d’euros.
« Nous aurons également du soutien lors de la présidence chypriote, la prochaine, bien sûr, d’une autre nation insulaire, donc également très consciente des vulnérabilités de la Méditerranée orientale et du besoin d’interconnexion. »
Selon M. Andrews, le Traité européen accorde une attention particulière aux États membres insulaires en matière de sécurité énergétique, une position qui pourrait être mise en avant lors des négociations sur le mécanisme pour l’interconnexion en Europe.
Au-delà de la sécurité, la présidence irlandaise devra également aborder des questions cruciales telles que le logement, la migration et l’action climatique. Le soutien à l’Ukraine et les négociations d’adhésion à l’UE, impliquant l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie, la Moldavie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie, la Turquie et l’Ukraine, seront également au cœur des discussions.
Le ministre d’État chargé des Affaires européennes, Thomas Byrne, a reconnu que les coûts de la présidence seront « importants ». Le budget 2026 prévoit une enveloppe de 282 millions d’euros pour cet événement, à laquelle s’ajoutent 11,7 millions d’euros alloués à l’Office des travaux publics (OPW) pour des dépenses d’investissement. An Garda Síochána (la police irlandaise) bénéficiera quant à elle de 125 millions d’euros pour assurer la sécurité pendant les six mois de la présidence.