Publié le 30 novembre 2025 à 09h01. Devenu une véritable star du web, le capybara, ce rongeur géant d’Amérique du Sud, fascine et séduit un public de plus en plus large, donnant lieu à un véritable phénomène culturel et commercial.
- Le capybara, le plus grand rongeur du monde, suscite une affection inattendue sur les réseaux sociaux et dans la culture populaire.
- Des cafés dédiés à l’espèce se multiplient en Asie et devraient bientôt ouvrir leurs portes en Grande-Bretagne.
- L’engouement pour le capybara trouve ses racines au Japon dans les années 1980, avec la découverte de son goût pour les bains chauds.
Loin de susciter le dégoût habituellement associé aux rongeurs, le capybara, avec son allure placide et son physique singulier, est devenu une véritable idole. On le retrouve désormais sur des porte-clés, des sacs à dos, et même des calendriers de l’Avent déclinés en multiples versions amusantes – astronaute, magicien ou détective, pour un prix inférieur à 10 £ (environ 12 €). Un jouet en peluche luxueusement doux peut même s’acquérir pour environ 52 $ (48 €).
Cet engouement se traduit par une présence massive en ligne. Sur TikTok, le hashtag #capybara compte près de 700 000 publications, surpassant la popularité d’autres animaux considérés comme mignons, tels que les koalas (210 000) ou les loutres (190 000). Une chanson entraînante, dont les paroles sont principalement composées du mot « capybara » répété en boucle, a déjà dépassé les 33 millions d’écoutes sur Spotify.
L’histoire de cette popularité remonte aux années 1980, au Japon. Les soigneurs du parc Izu Shaboten, un jardin botanique et un zoo situé à Shizuoka, ont remarqué que les capybaras appréciaient particulièrement de se baigner dans les flaques d’eau chaude après le nettoyage de leur enclos. Ils leur ont alors aménagé un véritable onsen (bain thermal japonais). Les visiteurs, enchantés par ce spectacle, ont rapidement adopté l’espèce. Un autre parc, à Nagasaki, est même surnommé « la terre sainte des capybaras », où l’on peut caresser et nourrir une vingtaine de ces animaux.
Les marques n’ont pas tardé à saisir le potentiel commercial de ce phénomène. Dans les années 2000, Bandai, un fabricant de jouets japonais, a créé Kapibara-san (M. Capybara), un objet à gagner dans les salles d’arcade. En quelques années, Kapibara-san est devenu un personnage d’anime à succès, exporté dans le monde entier, à l’instar de Hello Kitty. Internet a également joué un rôle crucial dans la diffusion de l’image du capybara, aux côtés d’autres animaux méconnus comme les axolotls (une sorte de salamandre).
Aujourd’hui, les fans se rendent en pèlerinage pour observer ces créatures paisibles. Le zoo du Hertfordshire, en Grande-Bretagne, a accueilli un couple reproducteur en 2022 et constate une affluence record. L’expérience proposée par le zoo, permettant aux visiteurs de caresser les animaux et de prendre des photos avec eux, est complète pour l’année à venir.
Heureusement, le capybara n’est pas une espèce menacée. Son apparence, avec ses petits yeux, son grand museau arrondi, sa fourrure hirsute et ses pattes palmées, semble séduire par son indifférence au tumulte du monde. Il affiche toujours une expression calme et sereine, qu’il dévore une collation, qu’il soit approché par un inconnu muni d’un smartphone ou qu’il interagisse avec d’autres animaux. Surnommé « l’animal le plus cool de la planète », certains plaisantent en disant que le nom collectif de l’espèce devrait être « méditation », tant son ambiance est zen. À une époque marquée par l’anxiété et le burn-out croissants, l’imperturbabilité du capybara apparaît presque comme une aspiration. Se prélassant dans l’eau, il rappelle aux humains stressés l’importance de laisser faire le courant.