Publié le 27 septembre 2025 11:24:00. Une femme surnommée « La Diabla » a été arrêtée au Mexique, soupçonnée de diriger un réseau criminel impliqué dans le trafic de nouveau-nés vers les États-Unis, révélant une diversification inquiétante des activités des cartels mexicains.
- Martha Alicia Méndez Aguilar, alias « La Diabla », a été arrêtée le 9 septembre près de Chihuahua, au Mexique.
- Elle est accusée de fémicide et de tentative d’homicide après le vol d’un nouveau-né à sa mère.
- Les autorités américaines la relient au Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) et à un réseau de trafic de bébés transfrontalier.
L’arrestation de Martha Alicia Méndez Aguilar, surnommée « La Diabla », a mis au jour un réseau criminel transfrontalier impliqué dans le trafic de nouveau-nés, selon les autorités américaines et mexicaines. L’opération, menée conjointement, a permis de démanteler une partie de ce réseau, dirigé par « La Diabla » et lié au puissant Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG).
« La Diabla » a été appréhendée le 9 septembre par des agents de l’État sur une route près de Chihuahua, à quelques kilomètres de la frontière texane. Elle est accusée d’avoir commis un acte particulièrement odieux : le meurtre d’une jeune femme de 20 ans afin de voler son nouveau-né. Le bureau du procureur spécialisé dans les victimes de crimes liés au genre de Chihuahua a précisé qu’une autopsie a révélé que la mère est décédée des suites d’une hémorragie importante, consécutive à une césarienne illégale pratiquée pour extraire l’utérus. Le corps de la victime a été retrouvé quelques jours plus tard, sans le bébé, dans une maison abandonnée.
Le nouveau-né a été retrouvé à l’hôpital du quartier de Zaragoza, puis transféré à l’hôpital pour enfants, où les médecins ont signalé de graves blessures et un état de santé critique.
Selon le bureau du directeur national du renseignement américain (ODNI), « La Diabla » attirait des femmes enceintes, souvent vulnérables, dans des régions isolées où des césariennes illégales étaient pratiquées. Les nouveau-nés étaient ensuite vendus à des couples aux États-Unis pour des sommes pouvant atteindre 250 000 pesos mexicains (environ 14 000 $ US), d’après l’ODNI.
Le National Anti-Terror Center (NCTC), une agence américaine rattachée à l’ODNI, a affirmé avoir fourni des renseignements aux autorités mexicaines sur la localisation de « La Diabla », contribuant ainsi au démantèlement du réseau criminel.
Cette affaire met en lumière la diversification des activités des cartels mexicains, qui ne se limitent plus au trafic de drogue. Le CJNG, considéré par Washington comme une organisation terroriste, est également impliqué dans le vol de carburant, l’extorsion et la fraude immobilière pour blanchir de l’argent, selon l’administration américaine de lutte contre la drogue (DEA).
« Il s’agit d’un exemple de ce que les cartels terroristes feront pour diversifier leurs sources de revenus et financer leurs opérations. »
Joe Kent, directeur du NCTC
La désignation du CJNG comme organisation terroriste permet aux autorités américaines d’utiliser des outils de lutte contre le terrorisme pour démanteler les réseaux et sanctionner les sources de financement illicite des trafiquants de drogue, selon le NCTC.
« La Diabla » est actuellement en détention préventive à Chihuahua, où elle fait l’objet d’une procédure pénale pour fémicide et tentative d’homicide, comme l’a indiqué le bureau du procureur de Chihuahua. CNN tente de déterminer si elle dispose d’une représentation légale.
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