Home MondeRégime d’asile européen commun : Merz s’attend à la fin des contrôles aux frontières

Régime d’asile européen commun : Merz s’attend à la fin des contrôles aux frontières

by Clara Dubois

Publié le 9 décembre 2025 à 16h55. Le chancelier de la CDU, Friedrich Merz, anticipe la fin des contrôles aux frontières intérieures de l’Union européenne suite à un accord renforcé sur une politique d’asile commune, tout en maintenant une ligne ferme sur le contrôle des frontières extérieures.

  • L’Union européenne a adopté une réforme du Système européen d’asile commun (SEAC) qui doit être mise en œuvre d’ici juin 2026.
  • Les ministres de l’Intérieur de l’UE se sont accordés sur un renforcement de ce système, permettant potentiellement l’expulsion de demandeurs d’asile vers des pays où ils n’ont jamais séjourné.
  • Les contrôles aux frontières intérieures allemandes, renforcés par le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt, suscitent des tensions avec les pays voisins et des critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme.

Friedrich Merz se montre optimiste quant à l’évolution de la politique migratoire européenne. Il estime que l’accord sur une politique d’asile commune permettra de recentrer les contrôles sur les frontières extérieures de l’UE, rétablissant ainsi un espace sans frontières intérieures, un objectif qu’il défend depuis longtemps. « Avec la politique d’asile commune, nous parviendrons également à déplacer les contrôles aux frontières extérieures de l’Europe », a-t-il déclaré mardi à Mayence. « Ce que j’ai toujours préconisé sera alors rétabli, à savoir la création d’un espace sans frontières intérieures au sein de l’Union européenne. »

Cette perspective intervient après l’adoption en juin 2024 d’une réforme du Régime d’asile européen commun (GEAS), qui impose aux États membres de la mettre en œuvre d’ici juin 2026. La Commission européenne a d’ailleurs annoncé en avril sa volonté d’accélérer certaines parties de cette réforme afin de fluidifier les procédures d’asile.

Lundi dernier, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont conclu des négociations de longue haleine en s’accordant sur un renforcement supplémentaire du SEAC. Ce nouveau cadre pourrait autoriser l’expulsion de réfugiés vers des pays tiers où ils n’ont jamais posé le pied, ouvrant la voie à la création de camps de rétention hors d’Europe pour les personnes en attente de renvoi dans leur pays d’origine. Cette mesure doit encore être approuvée par le Parlement européen.

Parallèlement, les ministres de l’Intérieur ont également donné leur feu vert à des sanctions plus sévères à l’encontre des personnes en situation irrégulière qui refuseraient de quitter le territoire de l’UE. La reconnaissance mutuelle des décisions de retour des demandeurs d’asile déboutés restait, jusqu’à récemment, un point de friction majeur.

En Allemagne, le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt (CSU), a renforcé le 7 mai les contrôles à toutes les frontières allemandes avec les pays voisins. Il a également ordonné le refoulement des personnes en quête de protection qui demanderaient explicitement l’asile, à l’exception des groupes vulnérables tels que les enfants et les femmes enceintes. Ces mesures, qui avaient déjà été mises en place de manière discrète sous son prédécesseur, Nancy Faeser (SPD), ont provoqué l’indignation des pays voisins.

Les organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé ces refus comme étant à la fois inhumains et illégaux, rappelant que le système de Dublin prévoit que chaque réfugié doit d’abord être autorisé à entrer dans un pays et que sa demande d’asile doit être examinée avant qu’une expulsion ne puisse être envisagée. Un arrêt récent du tribunal administratif de Berlin semble corroborer cette interprétation, jugeant illégal le rejet de trois réfugiés somaliens. Cependant, Merz et Dobrindt ont minimisé la portée de cette décision, la considérant comme ne concernant qu’un cas individuel.

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