Publié le 31 octobre 2025 à 12h29. Après six ans de fermeture et une succession de complications, le musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam se rapproche enfin de sa réouverture grâce à un nouveau plan de rénovation, présenté ce jeudi et salué par un optimisme retrouvé.
- Le musée Boijmans Van Beuningen, fermé depuis 2019, avait été contraint de fermer ses portes en raison de problèmes structurels et de la présence d’amiante.
- Un nouveau plan de rénovation, fruit d’une collaboration apaisée entre le musée, l’architecte et la municipalité, a été dévoilé, avec une attention particulière portée à l’accessibilité et à la lumière naturelle.
- Le projet prévoit la création d’un espace dédié aux jeunes talents et une cour extérieure accessible à tous, renforçant ainsi le rôle du musée dans la vie de la ville.
L’histoire du musée Boijmans Van Beuningen est devenue, ces dernières années, le symbole des difficultés rencontrées par les institutions culturelles face à la gestion du patrimoine et aux contraintes budgétaires. En 2019, une fermeture soudaine avait été imposée par les services d’incendie, suite à des années de maintenance insuffisante. Outre le risque d’incendie, des inondations et la présence d’amiante, notamment dans le système de climatisation, avaient été identifiées comme des problèmes majeurs. À l’époque, la direction du musée avait exprimé sa frustration face à la municipalité de Rotterdam, propriétaire du bâtiment, évoquant l’envoi de près de 250 lettres alertant sur l’état préoccupant des lieux entre 2004 et 2018.
En décembre 2018, un plan de rénovation ambitieux, estimé à 223,5 millions d’euros, avait été approuvé par le conseil municipal. Cependant, la suite s’est avérée semée d’embûches. Les coûts ont augmenté, un scandale de fraude et de corruption a éclaté concernant les travaux de désamiantage, et les relations entre le musée et la municipalité se sont détériorées. La communication entre la direction du musée et l’architecte Francine Houben, du cabinet Mecanoo, s’est même limitée à passer par un « responsable de contact ». La réouverture, initialement prévue pour 2026, a été repoussée à 2028, puis à 2030. Pendant ce temps, le nouveau dépôt Boijmans, conçu par le cabinet d’architectes MVRDV et accessible au public depuis 2021, n’a pas suffi à compenser l’absence du musée principal.
Ce jeudi 30 octobre, l’ambiance était pourtant à l’optimisme lors de la présentation du nouveau plan. Saïd Kasmi, conseiller à la culture (D66), était présent, tout comme la directrice du musée, Ina Klaassen, l’architecte Francine Houben et Robert Simons, conseiller en charge de l’immobilier. Le projet, qui s’appuie sur une élaboration plus poussée d’un plan présenté en juin 2024, met l’accent sur cinq principes : une entrée accueillante, une meilleure logistique, un parcours plus fluide, un lien renforcé avec la ville et le parc du musée, et enfin, la restauration des trois bâtiments historiques qui composent le musée.
Une attention particulière a été portée à la gestion de l’amiante, dont l’élimination s’est avérée complexe et coûteuse. Un article du NRC révélait en janvier dernier que le coût du désamiantage avait été jugé acceptable par la municipalité. L’architecte Francine Houben a souligné que 99 % de l’amiante avaient désormais été retirés du bâtiment, précisant qu’il s’agissait d’une quantité exceptionnellement importante.
« Parfois, les gens pensent que nous restons assis », a déclaré Francine Houben. « Ce n’est pas le cas. »
Francine Houben, architecte (Mecanoo)
Le nouveau plan prévoit également la création d’un bâtiment dédié aux jeunes talents et la démolition partielle de l’aile Robbrecht & Daem, une décision qui avait suscité des oppositions mais qui semble désormais acceptée par toutes les parties. Une grande partie du musée sera accessible gratuitement, notamment la cour extérieure, qui deviendra un « espace d’exposition à ciel ouvert ». L’accès aux collections nécessitera l’achat d’un billet ou la présentation d’une carte de musée.
Le conseil municipal de Rotterdam doit encore valider le projet lors de sa prochaine session, début décembre. Saïd Kasmi se montre confiant, estimant que le principal obstacle, le budget, a déjà été surmonté. Ina Klaassen, la directrice du musée, reconnaît les difficultés potentielles liées aux travaux, mais affirme être préparée à les affronter. Francine Houben conclut : « C’était un voyage », mais ce n’est pas grave.
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