Home Technologie et scienceRésoudre un mystère d’origine de pomme de terre avec une union hybride improbable: onde courte: NPR

Résoudre un mystère d’origine de pomme de terre avec une union hybride improbable: onde courte: NPR

by Thomas Caron

Publié le 7 octobre 2025 à 13h05. Des chercheurs remettent en question les idées reçues sur les hybrides dans le règne animal et végétal, révélant que ces croisements, souvent considérés comme des échecs évolutifs, pourraient en réalité être une source d’innovation et de diversité.

  • Les hybrides, issus de l’accouplement entre deux espèces différentes, sont plus fréquents qu’on ne le pensait : environ 10 % des espèces animales et 25 % des espèces végétales s’hybrident régulièrement.
  • L’étude de grenouilles et de pommes de terre révèle que l’hybridation peut conduire à des traits nouveaux et avantageux, remettant en question la vision traditionnelle des hybrides comme des « catastrophes » évolutives.
  • La découverte de l’origine hybride de la pomme de terre pourrait avoir des implications pour l’amélioration des cultures et la résistance aux maladies.

Longtemps considérés comme des anomalies biologiques vouées à l’échec, les croisements entre espèces différentes, ou hybridation, sont en réalité beaucoup plus courants et potentiellement bénéfiques qu’on ne le croyait. C’est ce que révèle une récente étude, explorée dans l’émission Short Wave de NPR, qui s’intéresse aux implications surprenantes de ces unions improbables.

L’étude a débuté avec l’observation de grenouilles du désert nord-américain, les crapauds de pieds de peigne des plaines. Les femelles de cette espèce choisissent activement de s’accoupler avec des mâles d’autres espèces, en particulier lorsque les points d’eau où elles se reproduisent sont menacés de sécheresse. Ce comportement, qui semble contre-intuitif, s’explique par le fait que les têtards issus de ces unions improbables se développent plus rapidement, augmentant ainsi leurs chances de survie avant que les points d’eau ne s’assèchent complètement.

« Cela m’a simplement frappé comme étant aussi bizarre qu’il y aurait une situation dans laquelle une grenouille chercherait un compagnon d’une autre espèce. Cela n’avait aucun sens »,

Katherine Wu, journaliste scientifique à l’Atlantic

Cependant, cette stratégie a un coût : la progéniture hybride est moins fertile. Les mâles sont généralement stériles et les femelles produisent moins d’œufs. Pendant des décennies, les biologistes ont considéré l’hybridation comme une impasse évolutive, illustrée par des exemples comme les mulets (croisement entre un cheval et un âne) ou les ligres (croisement entre un lion et un tigre), tous deux stériles.

Mais les nouvelles données suggèrent une réalité plus complexe. Selon les estimations, environ 10 % des espèces animales et 25 % des espèces végétales s’accouplent régulièrement avec des membres d’autres espèces. Et, contrairement à l’idée reçue, ces hybrides ne sont pas toujours voués à l’extinction. Ils peuvent même, dans certains cas, donner naissance à de nouvelles caractéristiques.

L’exemple de la pomme de terre illustre parfaitement ce phénomène. Les recherches ont révélé que la pomme de terre est issue d’un croisement entre deux espèces de plantes distinctes : une plante de tomate et une autre espèce, Solanum etuberosum. Pendant longtemps, les scientifiques ont supposé que la pomme de terre avait évolué à partir de l’une ou l’autre de ces espèces, mais les analyses génétiques ont révélé une histoire plus complexe.

« Les pommes de terre sont désordonnées, beaucoup de drame familial. Mais en gros, ils savent qu’il y a plus de 100 espèces de pommes de terre aujourd’hui. Mais quand ils essaient de les retracer dans le temps et de comprendre d’où viennent tous, ce qui était en quelque sorte l’événement incitatif qui a engendré cette diversité massive d’espèces, ils finissent par être perplexes. »

Katherine Wu, journaliste scientifique à l’Atlantic

Il s’avère que la pomme de terre est le résultat d’un événement d’hybridation unique, où les génomes de la tomate et de Solanum etuberosum se sont combinés pour créer une nouvelle espèce. Cette découverte pourrait avoir des implications importantes pour l’amélioration des cultures. Les pommes de terre cultivées aujourd’hui ont quatre copies de chaque chromosome, ce qui rend leur génome complexe et difficile à manipuler. Comprendre l’histoire de l’hybridation pourrait aider les scientifiques à améliorer le génome de la pomme de terre et à la rendre plus résistante aux maladies.

Certains chercheurs envisagent même la possibilité de créer des plantes hybrides encore plus surprenantes, comme des tomates produisant des tubercules souterrains, c’est-à-dire leurs propres pommes de terre. Bien que cette idée soit encore au stade expérimental, elle illustre le potentiel inattendu de l’hybridation dans le monde végétal.

En fin de compte, ces découvertes remettent en question notre compréhension de l’évolution et suggèrent que l’hybridation pourrait être une force motrice plus importante que ce que l’on pensait auparavant. Elle pourrait même avoir joué un rôle dans l’évolution humaine, comme le suggèrent certaines études.

Pour en savoir plus, consultez les articles de Katherine Wu publiés dans The Atlantic.

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