Publié le 27 septembre 2023 06:11:00. Face à une instabilité géopolitique croissante et aux leçons tirées de crises récentes, les banques centrales européennes encouragent les ménages à conserver une réserve d’espèces pour faire face aux besoins essentiels en cas de perturbations majeures des systèmes de paiement.
- Plusieurs pays européens recommandent désormais de détenir entre 70 et 100 euros par personne pour une autonomie de 72 heures.
- L’étude de la Banque centrale européenne souligne la valeur pratique et psychologique de l’argent liquide, le considérant comme un « pneu de secours » pour le système financier.
- La pandémie de Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine ont mis en évidence la nécessité d’une préparation individuelle et nationale face aux crises.
Une récente étude de la Banque centrale européenne (BCE) met en lumière l’importance de disposer d’espèces pour faire face aux besoins fondamentaux en période de crise. L’analyse s’appuie sur l’expérience de quatre événements majeurs ayant secoué l’Europe, notamment la pandémie de Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Selon la BCE, l’argent liquide possède une valeur à la fois pratique et rassurante, et il est crucial que les citoyens restent calmes et conservent une réserve d’espèces.
Plusieurs pays européens ont déjà intégré cette recommandation dans leurs directives de préparation aux situations d’urgence. Aux Pays-Bas, en Autriche et en Finlande, il est conseillé aux ménages de détenir entre 70 et 100 euros par personne, une somme jugée suffisante pour couvrir les besoins de base pendant environ 72 heures. La Suède va plus loin, suggérant de conserver l’équivalent d’une semaine de dépenses en espèces pour faire face aux nécessités telles que la nourriture, les médicaments et le carburant. Les citoyens sont encouragés à évaluer les besoins de leur famille et à stocker des coupures de petite valeur pour faciliter les échanges si les systèmes de paiement numériques venaient à être indisponibles.
L’étude explique que l’argent liquide est perçu comme une valeur refuge fiable et un moyen de paiement durable en période de crise aiguë. Un exemple frappant est la panne électrique survenue en avril en Espagne et au Portugal, où les commerces se sont retrouvés contraints d’accepter uniquement les espèces en raison de l’indisponibilité des réseaux électriques. Les auteurs du rapport décrivent ainsi l’argent liquide comme un « pneu de secours » pour le système de paiement, soulignant qu’aucun système n’est totalement à l’abri d’une défaillance.
L’incertitude prolongée liée à la pandémie de Covid-19 a incité les Européens à conserver davantage d’espèces, tandis que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné une forte augmentation de la demande de monnaie physique, en particulier dans les pays limitrophes de l’Ukraine ou de la Russie. L’étude révèle que les populations ont tendance à accumuler des liquidités en réponse à des menaces potentielles à proximité.
Au-delà de la simple détention d’espèces, les autorités européennes mettent l’accent sur une préparation plus globale. En mars, la Commission européenne a publié des directives recommandant aux citoyens de stocker suffisamment de nourriture et de produits essentiels pour au moins 72 heures en cas de crise. Ce document met en évidence les menaces émergentes, telles que les conflits armés, le sabotage des infrastructures et la guerre électronique. La Suède et la Finlande ont également actualisé leurs recommandations pour aider les citoyens à survivre en situation de guerre, en abordant des questions telles que les pannes de communication, les coupures de courant et les conditions météorologiques extrêmes. Les conseils prodigués vont du stockage d’eau en bouteille et de matériel sanitaire à la culture de plantes comestibles, dans le but de renforcer la résilience face aux défis actuels.