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Revue | « Ce n’était qu’un accident » de Jafar Panahi est un exploit cinématographique courageux et un thriller à couper le souffle

Publié le 2025-11-11 01:16:00. Malgré une interdiction de réaliser des films, le cinéaste iranien Jafar Panahi continue de créer des œuvres puissantes et engagées. Son dernier long métrage, « C'était juste un accident », présenté au festival Refocus,…

Revue | « Ce n’était qu’un accident » de Jafar Panahi est un exploit cinématographique courageux et un thriller à couper le souffle

Publié le 2025-11-11 01:16:00. Malgré une interdiction de réaliser des films, le cinéaste iranien Jafar Panahi continue de créer des œuvres puissantes et engagées. Son dernier long métrage, « C’était juste un accident », présenté au festival Refocus, explore les thèmes de la vengeance, de la justice et des séquelles de la torture sous un régime oppressif.

  • Jafar Panahi a été arrêté en 2010 et condamné à une assignation à résidence de 20 ans, avec interdiction de réaliser des films.
  • Son nouveau film, « C’était juste un accident », aborde les conséquences d’une détention injuste à travers l’histoire d’un mécanicien confronté à un ancien tortionnaire.
  • Le film est salué pour sa réalisation maîtrisée, sa tension palpable et ses performances d’acteurs, notamment celle de Mariam Afchar.

Le parcours de Jafar Panahi est devenu un symbole de la résistance artistique face à la censure. Arrêté en 2010 et accusé de propagande contre le régime iranien, il a été assigné à résidence en 2011 et s’est vu interdire de tourner des films pendant deux décennies. Pourtant, le cinéaste n’a jamais cessé de créer, réalisant plusieurs documentaires en dépit des restrictions imposées.

« C’était juste un accident » témoigne de cette persévérance. Le film suit Vahid, un mécanicien interprété par Wahid Mobasséri, dont la vie bascule lorsqu’un homme et sa famille tombent en panne devant son garage. Alors que Vahid observe l’homme depuis son bureau, un détail le frappe : une prothèse de jambe qui le conduit à soupçonner qu’il s’agit d’Eghbal, un ancien officier des renseignements tristement connu pour ses actes de torture envers des prisonniers politiques.

Pris d’une rage incontrôlable, Vahid envisage d’enlever et d’enterrer vivant son suspect. Mais face aux supplications de l’homme, qui nie toute implication, il change d’avis et décide de faire appel à d’anciens prisonniers pour confirmer l’identité d’Eghbal. Le film se transforme alors en un thriller moral complexe, où la quête de justice se heurte aux dilemmes éthiques et aux traumatismes du passé.

La réalisation de Panahi est particulièrement remarquable. Le film est construit sur des plans longs et immersifs, qui accentuent la tension et permettent au spectateur de ressentir l’angoisse des personnages. Dans une scène d’enlèvement particulièrement réussie, la caméra suit Vahid pendant plusieurs minutes, soulignant la détermination implacable de son geste. Puis, le plan bascule brusquement sur une image d’une tombe vide dans le désert, créant un effet de suspense saisissant.

Chaque scène, chaque dialogue et chaque choix de cadrage contribuent à explorer la question centrale du film : la légitimité de la vengeance. Les débats entre les anciens prisonniers, chacun porteur de ses propres blessures et de sa propre vision de la justice, sont particulièrement intenses. L’atmosphère est d’autant plus tendue que la femme et la fille d’Eghbal implorent désespérément des nouvelles de leur proche.

La performance de Mariam Afchar, dans le rôle de Shiva, est un autre point fort du film. Son personnage, initialement silencieux et réservé, exprime une colère contenue qui finit par éclater dans les scènes finales. Le dernier plan du film, d’une force émotionnelle bouleversante, laisse le spectateur sans voix.

« C’était juste un accident » est un thriller captivant et profondément émouvant, qui témoigne du talent et du courage de Jafar Panahi. Un film à ne pas manquer pour ceux qui recherchent une œuvre cinématographique qui marque les esprits. Le film est actuellement à l’affiche au FilmScene.

Critique | Le festival du film Refocus a débuté avec le film inspirant « Train Dreams »

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.