Publié le 17 novembre 2023 09:01:00. Premier long métrage produit par Geoff Barrow de Portishead, Game plonge avec un regard cynique dans la culture rave des années 1990, à travers l’histoire d’un petit criminel confronté à un braconnier inflexible.
- Le film, réalisé par John Minton, explore les thèmes de la transgression et de la désillusion d’une génération marquée par l’extase.
- Jason Williamson, leader du groupe Sleaford Mods, livre une performance saisissante dans le rôle du braconnier, incarnant une certaine forme de colère populaire.
- Game oscille entre thriller psychologique et esthétique visuelle audacieuse, rappelant le travail de réalisateurs comme Jonathan Glazer et Garth Jennings.
Le film débute de manière abrupte, s’attardant longuement sur les efforts infructueux de David (Marc Bessant) pour se dégager de sa ceinture de sécurité après un accident de voiture. Ces scènes s’entremêlent à des flashbacks maladroits qui esquissent le passé du protagoniste : un vol raté, une tentative de cambriolage chez ses parents. Rapidement, l’intrigue se concentre sur sa rencontre avec le Braconnier, un personnage taciturne et menaçant qui refuse de le laisser partir. Ce dernier, campé par Jason Williamson, représente une Angleterre brisée et désabusée, lâchant avec amertume :
« Vous êtes un de ces connards bruyants qui viennent du haut de la lande. »
Le Braconnier
Si le début du film apparaît laborieux, peinant à établir un rythme narratif clair, la tension monte progressivement. Le point central – l’obsession de la génération de l’ecstasy pour la recherche de sensations fortes et de domination – est rapidement posé, mais les scènes initiales manquent de profondeur pour préparer pleinement l’arrivée du Braconnier, furieux après que David ait malmené son chien. C’est alors qu’un duel sombre et imprévisible s’engage : David, désespéré, cherche à s’échapper tandis que le braconnier, un jerrycan de scrumpy à la main, le harangue de reproches acerbes.
L’unique véritable rebondissement narratif débouche sur une poursuite haletante à travers les bois, où le réalisateur John Minton peut enfin déployer toute son imagination visuelle. L’esthétique, initialement discrète avec des gros plans sur les insectes illuminés par les phares, se transforme en un véritable festival lysergique, porté par une version sauvage et orchestrale du Boléro de Ravel. Bien que ressemblant davantage à un clip vidéo étendu qu’à un long métrage traditionnel, Game offre suffisamment d’images frappantes pour suggérer que John Minton pourrait bien s’inscrire dans la lignée des réalisateurs issus du milieu de la musique britannique, tels que Jonathan Glazer ou Garth Jennings.
Game est à l’affiche des cinémas britanniques et irlandais à partir du 17 novembre.
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