Publié le 2024-02-29. La littérature jeunesse norvégienne s’enrichit d’une nouvelle voix traduite en français : Maria Parr, dont le roman Oskar et moi et tous nos petits endroits séduit par sa tendresse et son réalisme, offrant une plongée dans l’univers fraternel et les petites aventures du quotidien.
- Le roman explore avec justesse le lien entre un frère et une sœur, Ida et Oskar, dans un village norvégien.
- L’auteure parvient à éviter la mièvrerie et à dépeindre la vie enfantine avec authenticité, humour et une pointe de mélancolie.
- La traductrice, Aude Pasquier, a relevé le défi de rendre l’esprit et le style de Maria Parr tout en préservant la spécificité de la langue norvégienne.
Maria Parr s’est déjà fait connaître en France avec ses précédents romans, Cascades et gaufres à gogo et Foot et radeaux à gogo, qui avaient déjà séduit par leur originalité et leur fraîcheur. Avec Oskar et moi et tous nos petits endroits, elle confirme son talent pour raconter des histoires simples mais profondes, qui touchent au cœur des lecteurs de tous âges.
L’histoire se déroule dans une maison rouge un peu bancale, perchée sur une colline d’un village norvégien. Ida, huit ans, et Oskar, cinq ans, partagent leur quotidien, entre rêves de trampoline, bruits de torrent et souvenirs d’enfance évoqués par leur mère. La vie est rythmée par les petites joies et les petites peines, les moments de complicité et les petites disputes, mais aussi par l’ombre de la maladie qui plane sur un oncle cher. L’auteure ne cherche pas à embellir la réalité : il y a des vomissements, des “cacas d’étoiles”, mais toujours avec une tendresse et un respect qui évitent le voyeurisme ou la caricature.
Ce qui frappe dans ce roman, c’est son équilibre fragile et rare. Il est à la fois réconfortant et drôle, il laisse la place aux imperfections de la vie sans jamais tomber dans une fausse naïveté. Maria Parr a une véritable empathie pour ses personnages, qu’ils soient enfants ou adultes, et elle les respecte suffisamment pour ne pas les réduire à de simples instruments de divertissement. L’écriture est également particulièrement adaptée à la lecture à voix haute, avec un rythme et une construction des chapitres qui invitent à la contemplation et au partage.
La traduction d’Aude Pasquier est un élément essentiel de la réussite de ce livre. Spécialiste des langues scandinaves, elle a su relever le défi de rendre l’esprit et le style de Maria Parr tout en préservant la spécificité de la langue norvégienne. Elle explique qu’il lui semblait important de ne pas “polir” la langue pour la faire entrer dans un moule français, mais de respecter certaines répétitions courantes en norvégien, de trouver un équilibre entre lisibilité et fidélité. Elle n’a pas cherché d’équivalent au “bouc de Noël” et a conservé des détails culturels comme les tartines de pâté de foie, pour donner aux jeunes lecteurs un aperçu de la vie en Norvège.
Oskar et moi et tous nos petits endroits, de Maria Parr, illustrations d’Ashild Irgens, traduit du néo-norvégien par Aude Pasquier, éd. Thierry Magnier, 192 p., 14,90 €.
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