Publié le 23 novembre 2025 à 11h15. Des négociations cruciales s’ouvrent à Genève pour tenter de trouver une issue au conflit en Ukraine, alors que les États-Unis proposent un plan de paix controversé qui divise Kiev et ses alliés.
- Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est arrivé à Genève pour discuter du plan de paix proposé par l’administration Trump.
- L’Ukraine doit répondre d’ici au 27 novembre à ce projet qui implique des concessions territoriales et des limitations militaires.
- Les alliés européens et canadiens se sont également réunis en Suisse pour coordonner leur réponse.
L’arrivée de Marco Rubio à Genève marque le début d’une phase délicate dans les efforts de paix pour l’Ukraine. Washington a présenté un plan en 28 points qui, selon Kiev, exige des concessions trop importantes à la Russie. Le projet prévoit notamment la cession de territoires, une réduction significative de l’armée ukrainienne et l’abandon définitif de toute perspective d’adhésion à l’OTAN.
Le président Donald Trump a souligné qu’il s’agissait d’une proposition initiale, espérant parvenir à une cessation des hostilités « d’une manière ou d’une autre ». Son envoyé spécial pour l’Ukraine, Keith Kellogg, a qualifié le plan de « travail en cours ».
Les réactions à ce plan n’ont pas tardé à se multiplier. Les alliés européens, qui n’ont pas été associés à sa conception, estiment qu’il nécessite des « ajustements » importants. Ils se sont réunis en marge du sommet du G20 en Afrique du Sud pour élaborer une contre-proposition visant à renforcer la position de l’Ukraine.
Les États-Unis ont fermement défendu la légitimité de cette proposition, démentant les affirmations de certains sénateurs américains selon lesquelles Marco Rubio aurait qualifié le document de « liste de souhaits » russe. Rubio lui-même a insisté sur les réseaux sociaux que le plan avait été rédigé par les États-Unis et qu’il constituait une base solide pour les négociations, tenant compte des contributions russes et ukrainiennes.
La délégation américaine à Genève comprendra également l’envoyé diplomatique Steve Witkoff et le secrétaire de l’armée Daniel Driscoll. Du côté ukrainien, les discussions seront menées par Andriy Yermak, un proche collaborateur du président Volodymyr Zelensky.
« La pression sur l’Ukraine est l’une des plus fortes. L’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile : soit la perte de sa dignité, soit le risque de perdre un partenaire clé. »
Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine
Zelensky a déclaré que son pays proposerait des « alternatives » au plan Trump, soulignant la nécessité de défendre les intérêts nationaux de l’Ukraine et de prévenir une nouvelle agression russe après l’annexion de la Crimée en 2014 et l’offensive à grande échelle de 2022.
Le président russe Vladimir Poutine a estimé que ce projet pouvait « jeter les bases » d’un accord de paix, tout en menaçant de confisquer davantage de terres si Kiev se retirait des négociations.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné l’importance de solides « garanties de sécurité » pour l’Ukraine dans le cadre de tout règlement. Son conseiller à la sécurité nationale, Jonathan Powell, sera présent à Genève. L’Italie enverra également son conseiller à la sécurité nationale, Fabrizio Saggio. Des représentants de la sécurité de l’UE, de la France et de l’Allemagne seront également présents, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale du Canada.
« Il n’existe aucun scénario dans lequel la dignité et la liberté de l’Ukraine soient négociables. »
Alice Rufo, vice-ministre française des Armées
Les dirigeants occidentaux présents au sommet du G20 ont convenu que le plan américain constituait une « base de travail » qui nécessiterait des ajustements. Ils ont réaffirmé le principe selon lequel les frontières ne doivent pas être modifiées par la force et ont exprimé leur inquiétude quant aux limitations proposées aux forces armées ukrainiennes, qui pourraient rendre le pays vulnérable à de futures attaques.
Le président français Emmanuel Macron a indiqué que les 30 pays de la « coalition des pays volontaires » soutenant Kiev tiendront un appel vidéo mardi après les pourparlers de Genève, afin de coordonner leur position et de s’assurer que tout accord tienne compte de la sécurité de tous les Européens.


Plus d’informations sur les négociations en Suisse (RTE)
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