Des avancées significatives ont été enregistrées à Genève dans les négociations autour du plan de paix proposé par les États-Unis pour l’Ukraine, mais des points cruciaux restent à régler, selon le secrétaire d’État américain Marco Rubio. La proposition, qui suscite de vives inquiétudes parmi les alliés européens de Kiev, pourrait aboutir à un compromis territorial avec la Russie.
Marco Rubio a déclaré dimanche soir que les discussions, qui ont rassemblé des négociateurs ukrainiens et européens, avaient été « très productives ». L’objectif principal était de réduire les 28 points en suspens du plan américain, et des progrès substantiels ont été réalisés à cet égard. Cependant, Rubio a souligné que tout accord final devra être approuvé par les présidents ukrainien et américain avant d’être soumis à la Russie.
Volodymyr Zelensky a exprimé son espoir de voir l’administration Trump prendre en compte les préoccupations de l’Ukraine, déclarant : « Il y a des signaux indiquant que le président [Donald] Trump nous écoute. » L’Ukraine et ses alliés européens craignent que les propositions divulguées ne soient trop favorables à Moscou, une perception partagée par Vladimir Poutine qui a salué le plan comme une « base » possible pour un règlement.
Selon les termes du projet américain, l’Ukraine devrait retirer ses troupes de la partie de la région de Donetsk qu’elle contrôle actuellement. La Russie conserverait de facto le contrôle de Donetsk, ainsi que de la région voisine de Louhansk et de la péninsule de Crimée, annexée en 2014. Les frontières des régions de Kherson et de Zaporizhzhia, partiellement occupées par la Russie, seraient également gelées le long des lignes de front actuelles.
Le plan prévoit également une limitation de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes, contre environ 880 000 actuellement, et renonce à toute perspective d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. En contrepartie, Kiev recevrait des « garanties de sécurité fiables », dont les détails restent à définir. Le document suggère également que la Russie s’engagerait à ne pas envahir ses voisins et que l’OTAN ne poursuivrait pas son expansion.
Un communiqué conjoint américano-ukrainien a annoncé l’accord sur un « cadre de paix actualisé et affiné », les deux pays s’engageant à « travailler intensivement sur des propositions communes dans les prochains jours ». Par ailleurs, des médias ont fait état de l’existence d’un plan alternatif élaboré par les alliés européens de Kiev, notamment le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, mais Marco Rubio a nié en avoir connaissance.
Donald Trump a accusé les dirigeants ukrainiens de manquer de « gratitude » envers les efforts américains pour mettre fin à la guerre et a critiqué l’Europe pour ses achats de pétrole à la Russie, une source de financement essentielle pour l’effort de guerre russe. Il a initialement donné à l’Ukraine jusqu’à jeudi prochain pour accepter les propositions, avant de nuancer cette échéance, affirmant qu’il ne s’agissait pas de son « offre finale ».
Malgré les tensions, Marco Rubio s’est dit « très optimiste » quant à la possibilité de parvenir à un accord « dans un délai très raisonnable », que ce soit jeudi, dans les jours suivants ou même lundi prochain.
La Russie contrôle actuellement environ 20 % du territoire ukrainien et ses troupes continuent de progresser lentement le long de la ligne de front, malgré des pertes importantes signalées.
Le projet américain inclut également la perspective d’une « réintégration » de la Russie dans l’économie mondiale, avec la levée des sanctions et une invitation à rejoindre le G7, qui redeviendrait ainsi le G8.
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