Nuuk, la capitale groenlandaise, affiche un front uni contre les ambitions américaines : des casquettes rouges frappées d’un message clair, « Make America go away », se sont arrachées dans toute l’île, témoignant d’un rejet sans équivoque des propositions d’achat formulées par l’administration Trump.
Partout à Nuuk, ville comptant environ 20 000 habitants, les commerces ont vu leurs stocks de casquettes rouges à inscription blanche s’épuiser en quelques jours. Au-delà du drapeau groenlandais arboré sur ces accessoires, c’est un slogan percutant qui attire l’attention : « Nu det Nuuk ! », un jeu de mots danois qui évoque à la fois la capitale et l’expression « Nu er det nok » – « Assez, c’est assez ». Même à Copenhague, il est devenu difficile de trouver ces casquettes.
L’idée d’une acquisition du Groenland par les États-Unis, évoquée par le président américain Donald Trump pour des raisons de sécurité nationale, ne convainc pas. « Trump est fou. Il est comme un enfant, il veut tout. Il pense qu’il peut tout acheter avec son argent, il en a beaucoup, mais nous n’en avons pas besoin : nous ne sommes pas à vendre », a déclaré à l’agence ANSA un retraité de 82 ans, exprimant un sentiment largement partagé.
Kaj Kleist, ancien chef de département du gouvernement groenlandais et secrétaire permanent du Premier ministre pendant 14 ans, met en lumière les implications d’une telle opération. Il rappelle que l’accord entre le Danemark et les États-Unis date de 1951. « Donc, s’il y avait de nouveaux développements, comme la création d’une nouvelle base ici au Groenland, les autorités groenlandaises devraient également faire partie du groupe de décision », explique-t-il.
Pour M. Kleist, la véritable motivation derrière cette proposition est ailleurs : « Rendre l’Amérique plus grande, territorialement. C’est la seule motivation que je vois. Parce qu’ils ne peuvent pas conclure un meilleur accord que celui que le gouvernement danois propose actuellement » à l’île.
Sur le même sujet
