La NASA a ordonné l’évacuation d’urgence de cinq astronautes vers la capsule SpaceX Dragon vendredi dernier, alors que des fuites d’air s’aggravaient sur la Station spatiale internationale. Cette crise, provoquée par une tentative de réparation risquée de Roscosmos, s’est soldée par l’accord de la Russie de déclasser définitivement le module PrK.
L’évacuation d’urgence vers la capsule Dragon
Vendredi matin, la tension a atteint un sommet lorsque les membres de l’équipage de la mission Crew-12 — Jessica Meir, Jack Hathaway, Sophie Adenot et le cosmonaute Andrey Fedyaev — ainsi que l’astronaute Chris Williams, ont reçu l’ordre de se réfugier dans le vaisseau SpaceX Dragon. Selon WBAL-TV, les astronautes ont dû attendre à l’intérieur de la capsule, combinaisons spatiales revêtues, pour être prêts à une évacuation immédiate en cas de dépressurisation catastrophique.

Cette mesure a été qualifiée de posture de sécurité élevée. Bethany Stevens, secrétaire de presse de la NASA, a précisé sur les réseaux sociaux que cette décision était prise par prudence alors que des opérations de réparation structurelle étaient en cours.
Les fissures ont toujours été une préoccupation que la NASA surveille de très près. La NASA et Roscosmos ont travaillé pour déterminer la cause profonde des fissures, et Roscosmos gère le problème par des mesures d’atténuation opérationnelles et des efforts de réparation partielle périodiques. Suite à de nouvelles fuites, Roscosmos a choisi de procéder à une opération de réparation plus extensive.
Bethany Stevens, secrétaire de presse de la NASA
L’ordre de confinement a été levé plus tard dans la matinée, après que l’agence spatiale russe a annoncé une pause dans ses travaux pour analyser de nouvelles données.
Le bras de fer diplomatique et la menace des combinaisons
Derrière l’aspect technique se cache un conflit diplomatique sévère. D’après des informations rapportées par Ars Technica, la NASA a tenté d’alerter Roscosmos sur le danger d’une manœuvre spécifique : l’utilisation d’une scie pour retirer un support porteur du module PrK.
Face au silence des responsables russes au sol, qui ignoraient les communications de la NASA, les responsables américains ont envisagé une action symbolique forte pour signaler leur désaccord au monde entier.
Nous avons menacé de mettre les astronautes en combinaisons, dans le Dragon, pour envoyer un message au monde que nous n’étions pas d’accord. Ils s’en moquaient.
Responsable de la NASA, via Ars Technica
Le basculement s’est produit lorsque la NASA a effectivement déplacé son équipage vers le « havre de sécurité » de la capsule Dragon. Cette décision a finalement poussé Roscosmos à reculer.
L’analyse de cet incident révèle une rupture de confiance technique. La NASA estimait qu’il y avait une très haute probabilité d’une issue catastrophique
si le support structurel avait été scié, transformant une opération de maintenance en un risque existentiel pour la station.
Six ans de fissures dans le module Zvezda
Ce problème n’est pas nouveau. Les fuites d’air dans le tunnel de transfert du module de service Zvezda persistent depuis environ six ans, comme l’a rapporté CBS News via WBAL-TV. Bien que plusieurs tentatives de colmatage aient eu lieu, la situation s’est gravement détériorée cette semaine.

L’inspection menée par les cosmonautes a révélé deux fuites potentielles. Si l’une a été rapidement scellée, la seconde a nécessité l’intervention lourde qui a failli mener à l’évacuation de l’équipage.
Lors de la mise sous pression de la chambre de transfert (TBC) du module Zvezda à la pression de la Station spatiale internationale, les spécialistes de l’équipe principale des opérations du segment russe de l’ISS ont détecté une fuite dans la TBC.
Déclaration de Roscosmos, via médias d’État russes
La gestion de ces fuites illustre la complexité du maintien en orbite d’une structure lancée en 2005. Le module Zvezda est essentiel, mais sa dégradation structurelle devient un point de friction majeur entre les partenaires internationaux.
Le déclassement du module PrK comme solution finale
L’issue de ce conflit marque un tournant pour la longévité de la Station spatiale internationale. Pour mettre fin au risque de dépressurisation rapide, la Russie a finalement accepté de déclasser le module PrK.
Ce déclassement implique des changements opérationnels stricts :
- Interdiction d’accès : Les cosmonautes ne pénétreront plus dans le module PrK.
- Arrêt de la pressurisation : Le module ne sera plus mis sous pression.
- Usage limité : Les véhicules de ravitaillement pourront toujours utiliser le port d’amarrage pour le transfert de fluides, mais les fournitures devront transiter par d’autres ports.
Pour la NASA, cet accord est une victoire stratégique. En acceptant de sacrifier l’usage du module PrK, Roscosmos élimine un risque critique que les États-Unis acceptaient jusqu’ici à contrecœur. L’enjeu était simple : préférer la perte d’une fonctionnalité modeste à la perte totale de la station.
L’avenir immédiat dépendra maintenant de la capacité des deux agences à maintenir une coordination technique sans communication directe fluide, alors que la structure vieillissante de l’ISS continue de montrer des signes de fatigue.
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