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Sanctions contre l’Iran: l’Occident déclare l’imposition des sanctions pour l’incapacité de l’Iran à remplir ses obligations dans l’accord nucléaire

by Clara Dubois

Publié le 28 septembre 2025 à 09h45. Dix ans après sa suspension grâce à un accord international sur le programme nucléaire iranien, Téhéran fait face à la réimposition de sanctions complètes par l’ONU, suite à une escalade des tensions et un manque de coopération.

  • L’Iran est désormais soumis à des sanctions économiques et militaires complètes imposées par les Nations Unies.
  • Les pays européens – Royaume-Uni, France et Allemagne – ont activé le mécanisme de “Snapback”, accusant Téhéran d’une “escalade nucléaire continue”.
  • Le président iranien Masoud Bouchakian rejette ces sanctions, les qualifiant d'”injustes” et “illégales”.

La situation s’est envenimée après que l’Iran a suspendu les inspections internationales de ses installations nucléaires, un engagement pris dans le cadre de l’accord de 2015, suite à des frappes américaines et israéliennes sur des sites nucléaires et des bases militaires en juin dernier. Ces frappes, selon Washington et Jérusalem, visaient à freiner les progrès nucléaires iraniens et à punir Téhéran pour son soutien à des groupes régionaux hostiles à Israël.

Malgré ces tensions, le président iranien Masoud Bouchakian a affirmé la semaine dernière que son pays n’avait pas l’intention de développer des armes nucléaires. Il a toutefois dénoncé les sanctions comme un “coup porté à l’accord” qui avait marqué un tournant dans les relations occidentales avec la République islamique.

L’accord, officiellement appelé Plan d’action global commun (JCPOA), imposait des restrictions aux installations nucléaires iraniennes, à ses stocks d’uranium enrichi et à ses activités de recherche et développement. Son objectif était de permettre à l’Iran de développer une infrastructure d’énergie nucléaire à des fins civiles, sans pour autant l’orienter vers la fabrication d’armes nucléaires.

Les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, s’étaient retirés de l’accord en 2016, critiquant son contenu comme étant “déficient” et promettant de négocier de meilleures conditions. Depuis, l’Iran a intensifié ses activités nucléaires interdites.

Les ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne, connus collectivement sous le nom de “E3”, ont déclaré qu’ils n’avaient “pas eu d’autre choix” que d’activer le mécanisme de déclenchement, soulignant que l’Iran avait “à plusieurs reprises violé ses obligations”. Ils ont insisté sur le fait que l’imposition des sanctions ne signifiait pas la fin des efforts diplomatiques.

Cependant, les discussions qui se sont tenues entre les trois pays et l’Iran en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies cette semaine n’ont pas abouti à un accord permettant de suspendre l’entrée en vigueur des sanctions. Téhéran refuse notamment de coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et n’a pas fourni de rapport sur ses stocks d’uranium hautement enrichi.

L’Iran a dénoncé la réimposition des sanctions, les qualifiant d'”illégales et injustifiées” et a averti qu’il répondrait de manière “décisive et appropriée” à toute action visant à porter atteinte à ses droits et à ses intérêts. Le président Bouchakian a également souligné que Téhéran souhaitait des garanties que ses installations nucléaires ne seraient pas la cible de nouvelles attaques israéliennes avant de pouvoir normaliser son programme d’enrichissement d’uranium.

Le riyal iranien a chuté à son plus bas niveau historique face au dollar américain après l’annonce des sanctions, atteignant un taux de change de 1 120 000 riyals pour un dollar, contre un peu plus d’un million auparavant.

La Russie et la Chine avaient tenté en vain, vendredi, de prolonger l’accord nucléaire au Conseil de sécurité des Nations Unies, accusant les pays occidentaux de “saboter” les efforts diplomatiques. Selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cette attitude démontre une volonté de ne pas rechercher de solutions constructives.

L’Iran possède actuellement environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, ce qui, selon des experts européens, représente un stock suffisant pour produire entre 8 et 10 bombes nucléaires si enrichi à 90%.

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