Publié le 15 janvier 2026 19h18. Des accusations de tricherie, allant de l’utilisation de substances pour améliorer l’aérodynamisme à des pratiques plus surprenantes, secouent le monde du saut à ski, révélées par d’anciens athlètes et suscitant une réaction ferme des instances dirigeantes.
- Un ancien combinard nordique révèle des pratiques de triche courantes, notamment l’utilisation de pâte à modeler pour augmenter la surface de combinaison.
- Des rumeurs évoquent l’injection d’acide hyaluronique ou l’utilisation de mousse autour des testicules pour optimiser l’aérodynamisme.
- La Fédération Internationale de Ski (FIS) a renforcé ses contrôles depuis un scandale vestimentaire en mars 2025.
Le saut à ski est en proie à des accusations de tricherie de plus en plus audacieuses. Récemment, des allégations concernant des méthodes de manipulation inhabituelles ont fait surface, évoquant l’injection d’acide hyaluronique dans le pénis ou l’utilisation de mousse autour des testicules dans le but d’améliorer les performances aérodynamiques.
C’est dans le podcast norvégien « Skirious Problems » que Mika Vermeulen, ancien combinard nordique autrichien, a levé le voile sur ces pratiques. Fort de son expérience, il affirme avoir été activement encouragé à enfreindre les règles durant sa carrière.
Tricher au saut à ski
« Les gens trichaient tout le temps. Ils mettaient des tonnes de pâte à modeler dans leurs sous-vêtements pour faire une plus grande marche. »
Mika Vermeulen, ancien combinard nordique
Selon Vermeulen, cette technique permettait d’augmenter la surface de la combinaison, offrant ainsi un avantage certain en vol. L’ancien athlète révèle également qu’il était courant que les sauteurs plus expérimentés incitent les nouveaux venus à recourir à ces méthodes.
« La première fois que je devais prendre des mesures, les sauteurs plus âgés et plus expérimentés sont venus me voir et m’ont dit : ‘Il est très important que vous scotchiez votre pénis, car cela réduira la taille de vos pas d’un centimètre ou deux.’ »
Mika Vermeulen, ancien combinard nordique
La FIS durcit le ton
Si Vermeulen souligne que les athlètes qui lui ont proposé de tricher ne sont plus actifs en Coupe du monde, la FIS a pris des mesures significatives depuis le scandale des poursuites judiciaires survenu lors de la Coupe du monde de Trondheim en mars 2025. Mathias Hafele, contrôleur en chef du matériel, applique désormais les règles de manière rigoureuse et sans concession.

Cependant, pour Vermeulen, ces mesures ne sont pas suffisantes. Il estime que toute disqualification devrait entraîner une suspension plus longue.
« Je peux le dire avec une certitude absolue : tous ceux qui sont disqualifiés en saut à ski et en combiné nordique trichent délibérément. Et ils le justifient simplement en disant : ‘Oui, mais tout le monde le fait aussi.’ »
Mika Vermeulen, ancien combinard nordique
Des contrôles parfois laxistes ?
Vermeulen critique également le manque de sévérité des sanctions et les contrôles parfois insuffisants. Il dénonce une culture où la recherche de failles est banalisée.
« Je ne dis pas que tout le monde triche. Tout ce que je dis, c’est que si la tricherie n’est pas sévèrement punie, vous créez une mauvaise culture. Et c’est une culture dangereuse. Vous créez une culture dans laquelle il est normal de chercher des failles. »
Mika Vermeulen, ancien combinard nordique, à la chaîne de télévision norvégienne NRK
L’ancien combinard souligne que, contrairement au ski de fond où le respect des règles antidopage est total, le saut à ski semble tolérer une prise de risque consciente.
Ses déclarations n’ont pas manqué de susciter des réactions. Magnus Moan, un autre ancien combinard, a exprimé son scepticisme à NRK, estimant que Vermeulen pourrait regretter d’avoir soulevé ces questions.

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