Publié le 07 novembre 2025 à 08:31:00. L’entreprise bernoise Schär + Trojahn, spécialiste de la pierre naturelle et reconnue pour ses réalisations prestigieuses, traverse une crise profonde. Salaires impayés, départs au conseil d’administration et accusations de mauvaise gestion sèment le trouble au sein de cette société familiale centenaire.
- Les employés de Schär + Trojahn n’ont pas reçu leur salaire depuis septembre 2025.
- Le conseil d’administration a été démissionné en bloc, laissant l’entreprise sans direction claire.
- Des accusations de détournement de fonds et de gestion défaillante ont été portées contre d’anciens dirigeants.
Depuis septembre, la situation est critique chez Schär + Trojahn, entreprise basée à Niederwangen, dans la banlieue de Berne. Connue pour avoir habillé de marbre et d’autres pierres naturelles des bâtiments emblématiques de Suisse, tels que le Palais fédéral, la Banque nationale suisse ou le musée Omega à Bienne, l’entreprise voit sa réputation ternie par une série d’événements inquiétants.
Le premier signal d’alarme est survenu début septembre avec le départ des deux seuls membres du conseil d’administration. L’entreprise s’est retrouvée sans leadership, une situation aggravée fin septembre par le non-paiement des salaires d’une quarantaine de collaborateurs.
Les versions divergent quant à l’origine de ces difficultés. Selon certains, l’entreprise semblait prospère en septembre, les employés effectuant même des heures supplémentaires. Cependant, des tensions se seraient creusées en coulisses entre les membres du conseil d’administration et le propriétaire de l’entreprise.
Fin septembre, les salariés de l’entreprise bernoise Schär + Trojahn se sont mis en grève avec une photo du patron décédé en 2018 parce qu’ils n’avaient pas reçu de salaire. Ils sont soutenus par le syndicat UNIA. La grève reste un échec. Fin octobre, les salariés ne recevront pas leur salaire d’octobre.
ZVG/UNIA
Le fondateur de l’entreprise avait cédé ses parts à ses deux fils avant son décès en 2018. Il avait également nommé trois amis et partenaires commerciaux de longue date au conseil d’administration pour assurer la pérennité de l’entreprise. L’un de ces membres a démissionné peu de temps après. En 2024, le décès soudain de l’un des fils a laissé l’autre comme unique propriétaire.
Des accusations graves
Le propriétaire souhaitait s’impliquer davantage dans la gestion de l’entreprise, mais sa demande se serait heurtée à l’opposition du conseil d’administration. Il a alors consulté un avocat, qui a rapidement découvert des anomalies présumées dans la comptabilité. Selon le représentant légal, l’entreprise, loin d’être prospère, serait en réalité “au bord du gouffre”. Des millions de francs auraient été retirés de l’entreprise au fil des années. Une plainte pénale a été déposée mi-octobre 2025 contre des personnes inconnues, visant notamment les deux anciens membres du conseil d’administration, pour gestion d’entreprise infidèle, falsification de documents et enrichissement personnel.
Les accusés se défendent
Les deux anciens membres du conseil d’administration nient fermement les accusations.
« Nous ne nous sommes jamais enrichis dans cette entreprise, cette accusation est infondée. Nous doutons qu’il existe des preuves pour la corroborer. »
Ancien membre du conseil d’administration
Ils dénoncent des rumeurs malveillantes et diffamatoires et affirment pouvoir prouver leur innocence.
La situation est donc marquée par des accusations croisées, et c’est désormais aux tribunaux de faire la lumière sur les événements. Le tribunal de commerce de Berne n’a pas encore nommé d’administrateur judiciaire pour l’entreprise.
La Maison Impériale récemment rénovée de la ville de Berne est l’une des dernières commandes prestigieuses exécutées par la société Schär + Trojahn. De nombreux collaborateurs ont désormais quitté l’entreprise, mais une douzaine d’entre eux tiennent encore le coup et exécutent les commandes en cours. Sans salaire.
Clé de voûte
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