Home NouvellesSchär + Trojahn – Le déclin rapide d’une entreprise bernoise traditionnelle – Actualités

Schär + Trojahn – Le déclin rapide d’une entreprise bernoise traditionnelle – Actualités

by Nicolas Lefèvre

Publié le 07 novembre 2025 à 08:31:00. L’entreprise bernoise Schär + Trojahn, spécialiste de la pierre naturelle et reconnue pour ses réalisations prestigieuses, traverse une crise profonde. Salaires impayés, départs au conseil d’administration et accusations de mauvaise gestion sèment le trouble au sein de cette société familiale centenaire.

  • Les employés de Schär + Trojahn n’ont pas reçu leur salaire depuis septembre 2025.
  • Le conseil d’administration a été démissionné en bloc, laissant l’entreprise sans direction claire.
  • Des accusations de détournement de fonds et de gestion défaillante ont été portées contre d’anciens dirigeants.

Depuis septembre, la situation est critique chez Schär + Trojahn, entreprise basée à Niederwangen, dans la banlieue de Berne. Connue pour avoir habillé de marbre et d’autres pierres naturelles des bâtiments emblématiques de Suisse, tels que le Palais fédéral, la Banque nationale suisse ou le musée Omega à Bienne, l’entreprise voit sa réputation ternie par une série d’événements inquiétants.

Le premier signal d’alarme est survenu début septembre avec le départ des deux seuls membres du conseil d’administration. L’entreprise s’est retrouvée sans leadership, une situation aggravée fin septembre par le non-paiement des salaires d’une quarantaine de collaborateurs.

Pourquoi les salaires ne sont-ils pas payés ?


Ouvrez la boîte
Boîte à zuklappen

Le service comptable de Schär + Trojahn était dirigé depuis des années par l’un des deux membres du conseil d’administration, qui a démissionné début septembre. Il affirme que les salaires avaient été approuvés pour paiement et ne nécessitaient que la validation du propriétaire de l’entreprise ou de son avocat. La partie adverse soutient que le blocage des comptes bancaires a empêché ce versement.

Parallèlement, le directeur général en poste a pris un congé maladie fin septembre, laissant également son poste vacant.

La situation est complexe et les responsabilités se rejettent mutuellement, rendant difficile une clarification objective de l’extérieur.

Les versions divergent quant à l’origine de ces difficultés. Selon certains, l’entreprise semblait prospère en septembre, les employés effectuant même des heures supplémentaires. Cependant, des tensions se seraient creusées en coulisses entre les membres du conseil d’administration et le propriétaire de l’entreprise.

Les salariés se mettent en grève.
Légende:

Fin septembre, les salariés de l’entreprise bernoise Schär + Trojahn se sont mis en grève avec une photo du patron décédé en 2018 parce qu’ils n’avaient pas reçu de salaire. Ils sont soutenus par le syndicat UNIA. La grève reste un échec. Fin octobre, les salariés ne recevront pas leur salaire d’octobre.

ZVG/UNIA

Le fondateur de l’entreprise avait cédé ses parts à ses deux fils avant son décès en 2018. Il avait également nommé trois amis et partenaires commerciaux de longue date au conseil d’administration pour assurer la pérennité de l’entreprise. L’un de ces membres a démissionné peu de temps après. En 2024, le décès soudain de l’un des fils a laissé l’autre comme unique propriétaire.

Des accusations graves

Le propriétaire souhaitait s’impliquer davantage dans la gestion de l’entreprise, mais sa demande se serait heurtée à l’opposition du conseil d’administration. Il a alors consulté un avocat, qui a rapidement découvert des anomalies présumées dans la comptabilité. Selon le représentant légal, l’entreprise, loin d’être prospère, serait en réalité “au bord du gouffre”. Des millions de francs auraient été retirés de l’entreprise au fil des années. Une plainte pénale a été déposée mi-octobre 2025 contre des personnes inconnues, visant notamment les deux anciens membres du conseil d’administration, pour gestion d’entreprise infidèle, falsification de documents et enrichissement personnel.

Les accusés se défendent

Les deux anciens membres du conseil d’administration nient fermement les accusations.

« Nous ne nous sommes jamais enrichis dans cette entreprise, cette accusation est infondée. Nous doutons qu’il existe des preuves pour la corroborer. »

Ancien membre du conseil d’administration

Ils dénoncent des rumeurs malveillantes et diffamatoires et affirment pouvoir prouver leur innocence.

Les allégations en détail


Ouvrez la boîte
Boîte à zuklappen

Le conseil d’administration a retracé l’évolution économique de l’entreprise entre 2018 et septembre 2025 : « De 2018 à 2022, l’entreprise a fonctionné de manière stable et a généré des bénéfices. En 2023 et 2024, la crise du secteur de la construction a également eu un impact sur ST. Le nombre d’employés est passé de 50 à 36, principalement en raison des départs à la retraite et des démissions. En 2025, l’entreprise a connu une reprise et avait un carnet de commandes bien rempli pour l’année en cours et jusqu’en 2026. »

Concernant la collaboration avec le propriétaire entre octobre 2024 et septembre 2025, le conseil d’administration a déclaré : « Cette période a été principalement marquée par nos tentatives de convaincre le propriétaire d’assumer des responsabilités de gestion, notamment en renouvelant le conseil d’administration avec des personnes de confiance. Malgré de nombreuses réunions et au moins six assemblées générales convoquées, il a toujours refusé de procéder à ces élections sans justification. Ce refus nous a conduits à démissionner lors de l’assemblée générale du 2 septembre 2025. Lors de cette assemblée, il n’a une fois de plus pas élu de conseil d’administration et, malgré des avertissements pressants, a laissé l’entreprise sans direction. Ces faits sont attestés par un procès-verbal notarié. »

La situation est donc marquée par des accusations croisées, et c’est désormais aux tribunaux de faire la lumière sur les événements. Le tribunal de commerce de Berne n’a pas encore nommé d’administrateur judiciaire pour l’entreprise.

La cour intérieure nouvellement pavée de la maison impériale récemment rénovée de la ville de Berne.
Légende:

La Maison Impériale récemment rénovée de la ville de Berne est l’une des dernières commandes prestigieuses exécutées par la société Schär + Trojahn. De nombreux collaborateurs ont désormais quitté l’entreprise, mais une douzaine d’entre eux tiennent encore le coup et exécutent les commandes en cours. Sans salaire.

Clé de voûte

You may also like

Leave a Comment