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Sèdo Tossou, l’ambition d’un streaming africain libre et indépendant

Publié le 6 octobre 2025 à 08h05. L’acteur et réalisateur Sèdo Tossou lance Sedo+, une plateforme de streaming indépendante qui ambitionne de bouleverser le paysage audiovisuel africain en offrant une alternative équitable aux géants du secteur et en…

Sèdo Tossou, l’ambition d’un streaming africain libre et indépendant

Publié le 6 octobre 2025 à 08h05. L’acteur et réalisateur Sèdo Tossou lance Sedo+, une plateforme de streaming indépendante qui ambitionne de bouleverser le paysage audiovisuel africain en offrant une alternative équitable aux géants du secteur et en valorisant la création locale.

  • Sedo+ propose un partage des revenus publicitaires et d’abonnement de 50 % directement aux créateurs.
  • La plateforme vise une rémunération de près de 4 000 FCFA (environ 6 euros) pour 1 000 vues, bien supérieure aux standards de TikTok ou YouTube.
  • Sèdo Tossou mise sur un modèle centré sur sa communauté et sur une production artisanale, privilégiant l’authenticité à la standardisation.

Dans un secteur dominé par les plateformes américaines, Sèdo Tossou, artiste aux multiples facettes, se lance un défi de taille : créer un espace dédié à la création africaine, loin des contraintes imposées par les modèles existants. Avec Sedo+, il ne s’agit pas simplement de lancer une nouvelle plateforme de streaming, mais de revendiquer une indépendance culturelle et de proposer une nouvelle façon de produire, de diffuser et, surtout, de rémunérer les artistes.

« Je crois que c’est une continuité naturelle, explique Sèdo Tossou. J’ai commencé par raconter des histoires devant la caméra, puis derrière, et aujourd’hui je les rends visibles. Sedo+ n’est pas né d’une envie d’entreprendre, mais d’un besoin de liberté. J’ai vu trop de projets formidables disparaître faute de structure, de financement ou simplement parce qu’ils ne rentraient pas dans les cases. Sedo+, c’est une maison pour tous ces films, séries et talents qui méritent d’exister sans permission. »

Loin de vouloir concurrencer frontalement les mastodontes du streaming, Sedo+ se positionne comme une alternative. « Le but n’est pas d’affronter Netflix, mais de montrer qu’un modèle alternatif peut exister, affirme le créateur. Sedo+ n’est pas une copie, c’est une autre logique : produire vrai, local, humain et mondial à la fois. On ne cherche pas à “faire comme” mais à “faire mieux” et surtout plus juste. »

Sèdo Tossou critique ouvertement la standardisation des contenus imposée par l’industrie. « L’industrie a tout standardisé : le rythme, le ton, le format, même les émotions, dénonce-t-il. Sedo+ revendique l’artisanat. Chaque œuvre est faite à la main, avec des moyens réels, des visages vrais, des lieux vrais. On veut que les spectateurs sentent la matière, pas la machine. Ce n’est pas une simple critique de l’industrie, c’est une proposition de cinéma plus vivant et représentatif du monde réel. »

La question de la rémunération des créateurs africains est au cœur du projet. Sedo+ promet un partage équitable des revenus, avec 50 % des revenus publicitaires et d’abonnement reversés directement aux artistes. « Sur Sedo+, le partage est clair : 50 % des revenus publicitaires et d’abonnement vont directement aux créateurs. Pas via des algorithmes opaques mais de façon traçable et totalement transparent. Chaque vue compte, chaque minute visionnée est valorisée. C’est notre manière de redonner au mot “plateforme” son vrai sens : un sol sur lequel les artistes peuvent se tenir debout. »

Grâce à un accord avec Google, Sedo+ ambitionne de rémunérer les créateurs à hauteur de près de 4 000 FCFA (environ 6 euros) pour 1 000 vues, un taux bien supérieur à celui proposé par TikTok ou YouTube. « Alors ce que j’ai annoncé exactement c’est que GOOGLE avait accordé la monétisation de notre plateforme via leurs annonceurs et que le taux qui nous a été attribué était de “près de 4000 FCFA pour 1000 vues”, c’est ce qui est appelé le eCPM et ça varie selon la période. C’est de cette rémunération que j’offrirai les 50 % aux créateurs qui posteront leur contenu sur notre plateforme. Le financement ne vient donc pas de nous. Sedo+ ne dépense pas un seul franc pour ce modèle, ça vient plutôt de Google et de leurs annonceurs. Nous nous chargeons simplement de le partager équitablement avec les créateurs et c’est en effet une promesse. »

Conscient des difficultés rencontrées par les plateformes africaines, Sèdo Tossou mise sur un modèle différent, centré sur sa propre communauté et sur ses propres œuvres. « Le modèle est différent. Sedo+ est centré autour de Sèdo Tossou de base, donc de mes oeuvres ainsi (et surtout) de ma communauté qui non seulement ne risque pas de disparaître, mais au contraire ne fait qu’augmenter de jour en jour. De la même manière que certains influenceurs ont leur site privé sur lequel on peut payer un abonnement pour voir du contenu exclusif qu’ils produisent, Sedo+ propose cela, mais avec mes séries et films. En ouvrant la plateforme à d’autres créateurs de contenu, on s’assure non seulement le fait qu’il y aura de manière fréquente de nouvelles choses et que ça ne lassera pas le public consommateur mais en plus que le poids du succès de Sedo+ ne reposera plus uniquement sur moi. Il y a eu d’autres plateformes africaines avant moi, mais il n’y aura qu’un seul Sedo+, le modèle est très unique et plus qu’une plateforme africaine c’est une plateforme internationale. »

Sèdo Tossou se décrit comme un perfectionniste, mais assure que cette exigence est au service d’une vision collective. « C’est une force quand on sait lâcher au bon moment. Mon but est que l’équipe que je forme, “les XWEVI de Sèdo N’Nogni”, devienne un organisme vivant. Sedo+, c’est un cadre exigeant mais ouvert. Je veux que chaque collaborateur ait la place d’être brillant, pas obéissant. En attendant, je reste fidèle à moi-même et persuadé que ce que je veux construire ne l’a pas été fait avant, donc je ne peux faire confiance pour la direction de mes entreprises à personne d’autre que moi-même. Les XWEVI deviendront des extensions de moi à un moment et les gens percevront un peu mieux ma vision et mon esprit d’équipe. »

Enfin, Sèdo Tossou se projette dans l’avenir et lance un appel à l’action. « Si je disparais demain, Sedo+ ne survivra pas, non. Mais si je disparais dans disons 5 ans, alors oui, car encore une fois j’aurais eu assez de temps pour préparer une génération de cinéastes maîtrisant ma méthode et ayant pu la pratiquer par eux-mêmes pendant assez de temps. Sans compter le public qui transportera toujours mon message je l’espère et enfin tous les créateurs/créatrices qui rejoindront la plateforme, l’objectif est que ça finisse par devenir LEUR plateforme également même si ça n’a pas été créé dans ce sens au début. Je suis la force du vent. » Il conclut : « Je leur dirais : arrêtez de douter, commencez à construire. Le monde ne nous attend pas, il avance. Et la seule manière d’exister, c’est de créer nos propres espaces. Sedo+, c’est la preuve que c’est possible. Pas demain. Maintenant. »

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.