Un puissant séisme de magnitude 7,7 a frappé l’est de l’Indonésie samedi matin, provoquant des dégâts matériels importants, des scènes de panique et des évacuations sur l’île de Florès. Les autorités ont brièvement émis une alerte au tsunami avant de la lever, tandis que les premiers bilans font état de victimes et de blessés.
La terre a tremblé à 5 h 58 heure locale, semant l’effroi parmi les résidents du vaste archipel indonésien. L’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) a localisé l’épicentre à une faible profondeur, à 68 kilomètres de la ville d’Ende, dans la province du Nusa Tenggara Oriental. Si l’USGS et d’autres observateurs internationaux ont établi la magnitude initiale à 7,7, l’Agence indonésienne de météorologie, de climatologie et de géophysique (BMKG) a par la suite révisé cette évaluation à 7,0, enregistrant pour sa part une première secousse à 4 h 58 à une profondeur de 15 kilomètres.
Bilan humain contrasté et dégâts matériels sur l’île de Florès
Les bilans officiels fournis par les services de secours et les autorités locales ont varié au fil des heures. Un responsable des opérations de recherche et de sauvetage de la ville de Maumere a fait état d’au moins 20 morts, de six blessés et de deux personnes ensevelies. D’autres sources officielles, dont l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) et des rapports relayés par la presse, ont initialement mentionné un bilan révisé de un à deux décès ainsi que quatre blessés, tandis que le gouverneur de la province des Petites îles de la Sonde orientales, Emanuel Melkiades Laka Lena, a évoqué cinq victimes ayant succombé à l’effondrement de décombres pendant leur sommeil.

Dans la régence de Sikka, sur l’île de Florès, la violence de la secousse a endommagé de nombreux bâtiments. Des images vidéo ont capturé des pans de façades s’écroulant dans un nuage de poussière sous les cris de habitants en fuite.
« Soudain, ça a commencé à secouer et j’ai paniqué. »
Lukas Lotar, responsable de service de gestion des patients dans un hôpital, via Radio Canada
Le personnel hospitalier et les patients ont dû composer avec des infrastructures fissurées. Des patients ont fui l’établissement, tandis que des tentes et des zones de soins temporaires ont été rapidement installées à l’extérieur pour parer aux urgences et se prémunir contre les répliques.
Évacuations côtières et levée de l’alerte au tsunami par la BMKG
Face à la menace d’un raz-de-marée, les autorités ont immédiatement exhorté les populations vivant le long de la côte nord de Florès et dans les régions méridionales à fuir vers les hauteurs. Abdul Muhari, un représentant de l’agence nationale de gestion des catastrophes, a souligné la nécessité d’une évacuation autonome immédiate. Quelque 2 000 résidents de Nagekeo ont ainsi quitté leurs foyers.
Des vagues de tsunami de moins d’un mètre ont été enregistrées dans plusieurs secteurs de la zone. Environ trois heures après la secousse initiale, l’BMKG a choisi de lever l’alerte après n’avoir détecté aucune fluctuation dangereuse du niveau de la mer.
« Nous avons levé l’alerte, mais nous allons continuer de surveiller le niveau de la mer. »
Wijayanto, directeur du département séismes et tsunamis à l’agence de météorologie, de climatologie et de géophysique nationale, via Le Figaro
De son côté, le centre d’alerte aux tsunamis australien a rapidement confirmé que le séisme sous-marin ne présentait aucune menace pour le continent australien ou ses territoires.
Une zone exposée à une forte activité sismique sur la ceinture de feu
Ce nouveau drame rappelle la vulnérabilité géologique chronique de l’archipel indonésien. Située sur la Ceinture de feu du Pacifique, une zone de convergence des plaques tectoniques caractérisée par de fréquentes éruptions volcaniques et des séismes répétés, la région fait face à des risques permanents.

L’événement de ce samedi s’inscrit dans une séquence d’activités régulières, marquée plus tôt en juillet par un séisme de magnitude 6,2 dans l’est de l’archipel qui n’avait pas fait de victimes. Les autorités locales et nationales gardent en mémoire des catastrophes historiques d’une autre échelle, telles que le séisme de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami qui avait fait 2 200 morts à Palu en 2018, ou encore le tremblement de terre dévastateur de magnitude 9,1 au large de Sumatra en 2004.
Alors que des dizaines de répliques, dont une mesurée à 6,1, continuent d’affecter la zone et de perturber la circulation ainsi que les réseaux électriques, les équipes de secours poursuivent leurs évaluations sur l’île de Florès.