Le ministre indonésien du Commerce, Budi Santoso, a annoncé que la ratification de l’accord sur le cadre réglementaire de la sécurité alimentaire de l’ASEAN pourrait accroître le solde commercial alimentaire du pays de près de 634,83 millions de dollars, renforçant ainsi l’intégration régionale et la protection des consommateurs.
L’Indonésie mise sur une harmonisation des normes de sécurité alimentaire dans toute la région pour dynamiser ses échanges et attirer de nouveaux investissements. Selon le ministre du Commerce Budi Santoso, l’adoption de cet instrument régional, connu sous le nom d’accord sur le cadre réglementaire de la sécurité alimentaire de l’ASEAN, devrait générer des gains de bien-être national évalués à 252,17 millions de dollars.
Impact de l’accord sur le commerce et les investissements alimentaires en Indonésie
Les autorités indonésiennes estiment que la levée des barrières techniques et l’alignement des réglementations permettront de réduire considérablement les coûts de conformité pour les entreprises locales. Selon une étude menée par le ministère du Commerce, cet accord stimulera les flux d’investissement dans le secteur alimentaire en réduisant les coûts de conformité, en stabilisant les prix intérieurs des denrées alimentaires et en augmentant le pouvoir d’achat des Indonésiens, a déclaré Budi Santoso devant la commission VI de la Chambre des représentants, d’après les informations rapportées par Antaranews.
Avec la mise en place de ce cadre, l’Indonésie table sur une hausse de ses exportations dans plusieurs filières stratégiques, notamment les produits agricoles, les huiles et graisses végétales, ainsi que les produits alimentaires transformés. Le gouvernement prépare en parallèle des mesures d’accompagnement pour protéger les industries nationales et fluidifier les formalités douanières.
Les défis de la connectivité et des infrastructures de transport en Asie du Sud-Est
Le ministre thaïlandais des Transports, Suriya Juangroongruangkrut, a ainsi rappelé que le projet de pont terrestre reliant la mer d’Andaman au golfe de Thaïlande, dont l’achèvement est prévu pour 2028, doit offrir une alternative crédible face à la saturation croissante du détroit de Malacca.

Nous prévoyons qu’à l’avenir, un grand nombre de compagnies maritimes devront attendre et faire la queue. Mais s’il y a un pont terrestre, il pourra être utilisé comme alternative. Suriya Juangroongruangkrut, vice-Premier ministre et ministre des Transports de Thaïlande, via Channelnewsasia
Cependant, les experts rappellent que la simple construction d’infrastructures ne suffit pas à garantir la compétitivité régionale. Ruben Emir Gnanalingam, président exécutif du gestionnaire de port malaisien Westports, a insisté sur la nécessité de rendre ces corridors à la fois fluides et abordables pour les usagers, comme le note Channelnewsasia.
Coordination régionale et concurrence entre les États membres
La coopération au sein du bloc régional se heurte également à des rivalités persistantes entre les économies nationales. D’après Chris Humphrey, directeur exécutif du EU-ASEAN Business Council, les pays membres se font souvent concurrence pour attirer les investissements directs étrangers et capter les flux commerciaux, alors même qu’ils affichent leur attachement à la centralité de l’organisation.

Pour maximiser les bénéfices de l’intégration économique, les analystes estiment indispensable que les nations de la région s’appuient davantage sur leurs complémentarités respectives plutôt que de se livrer une concurrence stérile sur les mêmes marchés.