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Selon une étude inédite de Bpifrance le Lab, près d’une entreprise sur deux souhaite se développer vers le marché de la défense – Bpifrance

Publié le 8 octobre 2025. Une étude de Bpifrance Le Lab révèle une forte volonté des PME et ETI françaises de s’investir dans l’effort de défense, mais souligne des obstacles significatifs à leur participation, notamment des difficultés d’accès…

Selon une étude inédite de Bpifrance le Lab, près d’une entreprise sur deux souhaite se développer vers le marché de la défense – Bpifrance

Publié le 8 octobre 2025. Une étude de Bpifrance Le Lab révèle une forte volonté des PME et ETI françaises de s’investir dans l’effort de défense, mais souligne des obstacles significatifs à leur participation, notamment des difficultés d’accès aux marchés et des relations déséquilibrées avec les donneurs d’ordre.

  • Près d’une entreprise sur deux, extérieure au secteur de la défense, envisage de s’y développer.
  • L’effort de défense nécessitera une augmentation de 31 milliards d’euros du chiffre d’affaires annuel d’ici 2030, impliquant un besoin de financement de 15 milliards d’euros.
  • Les entreprises du secteur défense « cœur » rencontrent des difficultés financières et contractuelles plus importantes que les autres.

L’économie de la défense est en pleine mutation. Une étude inédite, menée par Bpifrance Le Lab auprès de 1 700 entreprises françaises – start-up, PME et ETI – met en lumière les enjeux et les perspectives de cette filière stratégique. L’étude, dont la méthodologie s’appuie sur un travail statistique réalisé avec la Direction Générale du Trésor, se distingue par son approche inclusive : elle ne se limite pas à la base industrielle et technologique de défense (BITD), mais prend en compte toutes les entreprises réalisant au moins 1 euro de chiffre d’affaires dans le domaine de la défense, ainsi que celles des secteurs connexes.

L’étude interroge directement la capacité de mobilisation des entreprises françaises pour répondre aux ambitions de l’effort de défense, notamment l’objectif fixé par l’OTAN d’atteindre 3,5 % du PIB consacré à la défense d’ici 2035. Pour la France, qui consacre actuellement 2 % de son PIB à la défense, cela se traduit par une augmentation de 31 milliards d’euros du chiffre d’affaires du secteur d’ici 2030, soit une croissance annuelle de 7,6 % (hors inflation). Un rythme supérieur à la croissance observée depuis le début de la guerre en Ukraine (5,5 %) et aux prévisions pour les entreprises interrogées par Bpifrance Le Lab (environ 5 %). Cette progression nécessitera un financement conséquent, estimé à 15 milliards d’euros, dont 5 milliards d’euros en fonds propres et 10 milliards d’euros en dettes.

Malgré ces défis, l’intérêt pour le secteur est réel. L’étude révèle que 43 % des entreprises extérieures à la défense souhaitent s’y développer, soit par opportunité – notamment celles issues de secteurs porteurs comme l’aéronautique, le spatial ou l’optique – soit par nécessité, en particulier dans la chimie, l’automobile et la métallurgie. Parallèlement, 94 % des entreprises déjà présentes dans la défense souhaitent poursuivre leur développement sur ce marché.

Si la plupart des entreprises de la défense ne rencontrent pas de difficultés financières majeures (54 % déclarent ne pas en avoir), l’étude met en évidence des obstacles significatifs pour les nouveaux entrants. Le principal frein identifié est la difficulté à se faire connaître des donneurs d’ordre (73 % des dirigeants extérieurs à la défense le soulignent), bien avant la complexité des procédures d’appels d’offre (44 %) ou les difficultés à établir des partenariats stratégiques (34 %). Les dirigeants interrogés soulignent également que les cycles de R&D et de production, ainsi que les délais de paiement, peuvent peser sur la trésorerie, en particulier pour les secteurs déjà fragilisés.

L’étude révèle également un paradoxe : il est parfois plus facile pour les start-up françaises de vendre leurs produits et services à l’international qu’en France. Plus de 20 % de leur chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger, contre 16 % pour les PME et ETI. Pour certains secteurs, comme l’automobile, la diversification vers la défense ne se traduit pas nécessairement par une amélioration de la situation financière à court terme.

Enfin, l’étude met en lumière des déséquilibres au sein même de la filière défense. Les PME et ETI dites « cœur défense » (proches de la BITD) sont confrontées à des difficultés plus importantes que les autres, notamment des relations tendues avec leurs donneurs d’ordre, une pression excessive sur les marges, des litiges et des problèmes de trésorerie. L’analyse de la structure de financement montre que les sous-traitants ont des marges très faibles et un endettement élevé, tandis que les donneurs d’ordre disposent de plus de trésorerie et d’un endettement moindre.

Cette étude s’adresse aux décideurs publics et privés, ainsi qu’aux entreprises souhaitant s’investir dans la défense. Elle appelle à une stratégie raisonnée de diversification, à un partage plus équilibré des gains et à une meilleure prise en compte des besoins des PME et ETI pour assurer la pérennité de l’effort de défense.

Méthodologie :

  • Une enquête réalisée auprès de 1 700 dirigeants de start-up, PME et ETI françaises, dont 45 % opèrent dans la défense.
  • 50 entretiens, dont 22 avec des dirigeants (1 grande entreprise, 4 ETI, 11 PME, 6 start-up) et une trentaine d’experts du secteur (DGA, DG Trésor, Agence Innovation Développement, Médiateur des Entreprises, fonds d’investissements, universitaires).
  • Un cadrage macro-économique basé sur l’objectif de 3,5 % du PIB (annonce de l’OTAN) d’ici 2035 et ses implications pour les PME et les ETI.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.