Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a nommé, le lundi 1er juin 2026, un nouveau gouvernement de 30 membres excluant quasi totalement le parti Pastef. Cette décision marque une rupture nette avec son ancien allié Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, dans un contexte de crise financière et de tensions politiques.
L’éviction du Pastef et la composition du nouveau cabinet

Un gouvernement de technocrates et de fidèles

- Énergie et Pétrole : El Hadji Abdourahmane Diouf, ancien ministre de l’Environnement et soutien public du président lors de son conflit avec Sonko.
- Intérieur : Mouhamadou Makhtar Cissé, ancien directeur général des Douanes et ex-ministre de l’Intérieur sous Macky Sall.
- Transports terrestres et aériens : Abdoul Ahad Ndiaye.
servir son pays, c’est mettre ses compétences, son expérience et son énergie au service exclusif de la Nation, s’engageant ainsi dans la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050.
Le bras de fer institutionnel : Présidence contre Assemblée
aucune légitimité politique structurée, sérieuse autour du président.
« Nous sommes, qu’il le veuille ou pas, dans une situation de cohabitation. Il n’a pas un seul député à l’Assemblée nationale. Il n’a pas tous les pouvoirs. Il faut qu’il redescende de son piédestal et qu’on se parle »
Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, via TV5MONDE
Toutefois, l’analyse des experts suggère que le président dispose de leviers puissants pour contourner un blocage parlementaire. Selon France 24, Youssou Diallo, haut fonctionnaire à la retraite, rappelle que la nature présidentielle du régime confère davantage de pouvoirs au chef de l’État, qui est le chef suprême des armées et dispose du pouvoir de dissolution de l’Assemblée. De plus, l’article 52 de la Constitution permettrait au président de recourir à des pouvoirs exceptionnels en cas de blocage.
Le risque de censure est réel, mais pour l’instant écarté. Sonko a admis que si le Pastef le voulait, dans 72 heures, ce gouvernement peut tomber, tout en affirmant que ses partisans allaient accompagner l’exécutif pour éviter une nouvelle crise.
L’ombre de la crise financière et le spectre de l’instabilité

dialogue constructif. Comme le souligne TV5MONDE, l’ancien Premier ministre craint qu’une crise de dissolution ou de censure ne fasse fuir les investisseurs étrangers.
Le président Faye semble avoir parié sur un gouvernement de mission, axé sur les résultats et détaché des pressions partisanes du Pastef. Reste à savoir si cette stratégie d’autonomie suffira à stabiliser un pays où le pouvoir est désormais scindé entre un palais présidentiel déterminé et une assemblée nationale majoritairement hostile.