À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, les ministères de la Justice et du Tourisme du Sénégal, accompagnés d’acteurs professionnels, ont signé en octobre 2026 une charte à Mbour pour renforcer la prévention des abus et de l’exploitation sexuelle des mineurs dans les zones touristiques.
La protection des mineurs dans les zones de voyage et de loisirs s’est imposée comme un dossier central pour les autorités sénégalaises à l’orée des compétitions internationales. En octobre 2026, plusieurs départements ministériels et des professionnels du tourisme ont officialisé un engagement mutuel pour endiguer les risques d’atteintes aux droits des enfants, particulièrement exposés lors des grands rassemblements publics.
La signature de la charte de prévention à Mbour et Saly
Le ministère de la Justice, le ministère du Tourisme et les représentants de l’industrie touristique ont paraphé un texte contraignant destiné à encadrer les responsabilités de chaque structure. La signature s’est déroulée dans le département de Mbour, plus précisément à Saly, qui figure parmi les villes hôtes retenues pour accueillir des épreuves des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.

Cette initiative fait suite à des sessions de formation et d’échanges menées avec la société civile et les acteurs locaux. Elle découle également d’une randonnée pédestre organisée dans la station balnéaire pour sensibiliser le public. Les services de l’État soulignent que le dispositif cherche à responsabiliser l’écosystème touristique sans pour autant le stigmatiser.
La vulnérabilité spécifique de la Petite-Côte face au tourisme
Le choix de la commune de Mbour et de ses environs ne doit rien au hasard. Les autorités préfectorales ont dressé un constat alarmant concernant la zone de la Petite-Côte, identifiée comme l’un des secteurs les plus touchés par les signalements d’exploitation sexuelle de mineurs au Sénégal.
La localité de Mbour reste l’un des départements les plus touchés par les signalements d’exploitation d’abus sexuels impliquant des enfants, surtout dans la zone de la Petite-Côte.
Amadou Diop, préfet du département de Mbour, via Seneweb
Le devoir de signalement exigé des opérateurs touristiques
Les services de régulation exigent désormais des hôteliers, des agences de voyages et des transporteurs qu’ils adoptent une posture de tolérance zéro. La charte impose aux établissements d’instaurer des circuits de signalement rapides et de former leur personnel à la détection des comportements suspects.
Pour la direction de la Réglementation touristique, la préservation des mineurs ne relève pas de la seule action policière, mais d’une obligation morale et professionnelle partagée par l’ensemble de la chaîne d’accueil.

L’action s’inscrit dans un cadre juridique international et sous-régional solide. Le pays applique les principes de la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant. L’experte en droits humains Aminata Kébé, coordinatrice régionale du Projet d’appui à la protection des enfants victimes de violations de leurs droits (PAPEV), a également rappelé l’importance d’une coordination étroite entre le Sénégal, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Gambie pour harmoniser la défense des mineurs dans la sous-région.