Une série d’attaques de missiles revendiquée par les rebelles houthis a frappé l’aéroport international King Khalid de Riyad et d’autres infrastructures clés, entraînant d’importantes perturbations aériennes, des annulations de vols et des mesures de sécurité renforcées dans la capitale saoudienne.
Les projectiles houthis frappent l’aéroport de Riyad
L’aéroport international King Khalid de Riyad a été touché à plusieurs reprises par des projectiles au cours de la semaine. Selon les autorités de l’aviation civile saoudienne, une attaque au projectile non identifié a frappé le terminal 4 le dimanche 11 octobre, provoquant un incendie et faisant un mort ainsi que onze blessés, d’après les informations rapportées par Rappler.
Ces frappes surviennent au lendemain d’une offensive meurtrière menée le samedi 10 octobre, qui avait fait 13 morts et plus de 300 blessés. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a revendiqué ces opérations lors d’une allocution télévisée, affirmant que le groupe avait également visé l’aéroport de Dammam, situé dans la province orientale, ainsi que deux installations du géant pétrolier Saudi Aramco, selon les précisions de Rappler.

Le congrès énergétique maintenu malgré les explosions
Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, a ouvert les sessions en saluant les participants présents, alors que les autorités saoudiennes ont maintenu l’ouverture du WPC Energy Congress à Riyad malgré l’escalade sécuritaire. Le congrès se tient dans un centre de conférences situé à environ 10 kilomètres de l’aéroport international, comme l’a confirmé Reuters.
Le prince Abdulaziz bin Salman a déclaré : « Vous savez que ce pays est sûr et que nous avons votre protection profondément à cœur… Notre rassemblement ici ne signifie pas que le risque a disparu », selon Reuters.
Cependant, le programme officiel a subi des modifications de dernière minute. Les directeurs généraux de grands groupes énergétiques internationaux — notamment ExxonMobil, TotalEnergies, Shell, Chevron et BP — qui figuraient initialement parmi les intervenants pour débattre des marchés pétroliers et de la transition énergétique, ont été retirés de la liste des intervenants publiée par les organisateurs, les perturbations de voyage ayant empêché leur présence physique, ainsi que l’a noté Reuters.
La moitié des vols annulés au départ de Riyad
Près de la moitié des vols au départ de Riyad ont été annulés ou cloués au sol après les premières alertes, d’après les données d’analyse aéronautique fournies par Cirium et relayées par Khaleej Times.

Sur 378 départs programmés à l’aéroport international King Khalid, 169 ont été annulés, soit 44,71 % du trafic prévu. Du côté des arrivées, 124 des 369 vols programmés ont également été annulés, ce qui représente environ 39 % de perturbations globales pour la journée. Les transporteurs nationaux, en particulier Saudia ainsi que les compagnies à bas coût Flynas et flyadeal, ont concentré la grande majorité de ces annulations, tandis que plusieurs compagnies étrangères ont temporairement suspendu leurs liaisons.
Face à cette situation de crise, les autorités locales ont pris des dispositions exceptionnelles. Le ministère saoudien de la Santé a activé des protocoles d’urgence dans les hôpitaux de la capitale pour faire face à un afflux de blessés graves. Parallèlement, le gouvernement a ordonné le passage des établissements scolaires à l’enseignement à distance à Riyad, du dimanche 11 octobre jusqu’au jeudi suivant.
Donald Trump examine un soutien militaire direct
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il examinait la possibilité d’un soutien militaire direct aux opérations saoudiennes contre les Houthis, affirmant devant les journalistes : C’est possible. Nous allons y réfléchir. Nous venons d’apprendre la nouvelle de la récente attaque. Nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement
, selon des propos recueillis par Reuters et BBC.
De son côté, le Royaume-Uni a souligné par la voix de Wes Streeting qu’il n’existait pas de solution purement militaire au conflit, tout en réitérant un soutien logistique et sécuritaire à Riyad. Parallèlement, la diplomatie iranienne s’est positionnée par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, qui a indiqué à son homologue saoudien la disposition de Téhéran à faciliter le dialogue entre Riyad et le Yémen, d’après les informations diffusées par Rappler et la BBC.
