L’ancien commissaire général adjoint de la police sud-africaine, Shadrack Sibiya, a comparu devant le tribunal de magistrate de Randburg pour une troisième semaine de demande de libération sous caution.
L’audience de libération sous caution de Shadrack Sibiya s’est poursuivie à Randburg, révélant de nouvelles accusations et des tensions entre la défense et l’accusation. L’ancien haut gradé de la police, suspendu l’année dernière puis démissionnaire au milieu d’une procédure disciplinaire, est poursuivi pour des charges incluant le viol d’une jeune femme de 18 ans, le grooming sexuel d’une mineure de 16 ans, ainsi qu’un chef d’inculpation lié à la traite d’êtres humains selon les précisions apportées par le tribunal.
La défense propose une caution et conteste la procédure
Représenté par l’avocate Estelle Kilian SC, Sibiya a proposé une caution de 20 000 rands. La défense a vigoureusement contesté la solidité du dossier de l’État, qualifiant la procédure d’utilisation abusive du pouvoir. Kilian a notamment affirmé que les accusations sont forgées de toutes pièces
, pointant du doigt le choix du parquet d’inclure une charge de traite d’êtres humains pour placer l’affaire sous le régime strict de l’annexe 6 de la loi sur la procédure pénale.
L’avocate a également soutenu que les plaignantes se trouvaient déjà sous protection et que des conditions de libération strictes, telles que l’interdiction de tout contact, suffiraient à dissiper les craintes d’interférence avec les témoins.
La défense a ainsi plaidé pour que le tribunal écarte l’application de l’annexe 6 ou tienne compte de la prétendue faiblesse des éléments présentés par le parquet.
Le procureur évoque des téléphones effacés avant l’arrestation
De son côté, l’accusation maintient que la libération de l’ancien chef de police présenterait des risques majeurs pour l’intégrité de l’enquête et la sécurité des témoins.
Le procureur Velile Makasana a révélé devant le tribunal que l’État disposait d’éléments indiquant que les téléphones portables de l’accusé avaient été nettoyés avant son arrestation intervenue le 21 septembre 2026.
Comme l’a rapporté le procureur Velile Makasana selon Daily Maverick, à l’heure actuelle, l’État est en possession – même si cela n’a pas été mentionné en termes clairs – d’éléments prouvant que ses téléphones portables ont été effacés ; ils ont été nettoyés avant son arrestation
.
Makasana a également mis en avant un échange textuel daté du 24 juillet 2026 entre Sibiya et la plaignante mineure ZM, dans lequel l’accusé lui demandait si elle effaçait bien leurs messages d’après les arguments exposés par le parquet.
Un enregistrement sonore implique le mondain Serge Cabonge
L’affaire a connu un autre rebondissement avec la diffusion d’un enregistrement sonore de 25 minutes impliquant le mondain Serge Cabonge et le père de la plaignante de 16 ans, désigné dans les comptes-rendus sous le nom de M. M.
Dans cet échange, Cabonge discute de relations avec divers acteurs et évoque le sergent suspendu Fannie Nkosi comme intermédiaire présumé entre Sibiya et des figures du milieu selon les éléments rapportés devant le tribunal.

L’enregistrement mentionne également des connexions alléguées avec des personnalités liées à la commission Madlanga, qui enquête sur la corruption policière et les collusions criminelles. La parution de ces écoutes a entraîné l’ouverture d’investigations parallèles menées par l’équipe d’enquête sur les meurtres politiques concernant les agissements de Cabonge.
La police acté la révocation de l’ancien haut fonctionnaire
Parallèlement aux audiences judiciaires, la situation professionnelle de Sibiya au sein du Service de police d’Afrique du Sud (SAPS) a connu son épilogue. La porte-parole de la police, Athlenda Mathe, a confirmé que la démission de l’intéressé avait été transmise par ses conseils juridiques au cours d’une audience disciplinaire comme l’a indiqué l’institution.
Cette démission intervenue en pleine procédure disciplinaire a été actée par la hiérarchie policière comme une révocation déshonorante, privant le lieutenant-général de son rang et de ses avantages d’après le communiqué officiel de la police. L’audience sur la caution doit reprendre pour permettre aux parties de conclure leurs argumentaires
.