Publié le 5 janvier 2026. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exposé les contours d’une nouvelle ère pour les entreprises publiques énergétiques du pays, Pemex et CFE, avec une réorganisation visant à renforcer leur rôle stratégique et à inverser les tendances observées ces dernières décennies.
- Pemex et la Commission fédérale de l’électricité (CFE) ont été restructurées pour fonctionner comme de véritables entreprises publiques, avec un conseil d’administration unique pour toutes leurs filiales.
- Cette réorganisation vise à accroître la productivité, le contrôle et le développement, tout en luttant contre la corruption et en restaurant les capacités passées de Pemex.
- La présidente Sheinbaum a critiqué les réformes antérieures, notamment celles de 2013, qui ont ouvert le secteur à l’investissement privé sans pour autant améliorer la production.
Lors d’une intervention à Tula, Hidalgo, le 4 janvier 2026, Claudia Sheinbaum a détaillé les réformes législatives mises en œuvre depuis 2025, qui ont permis une réintégration verticale de Pemex. Cette modification structurelle confère à la compagnie pétrolière nationale un conseil d’administration unifié pour l’ensemble de ses entités, une approche similaire étant appliquée à la Commission fédérale de l’électricité (CFE).
Selon la présidente, cette intégration verticale est essentielle pour optimiser les performances et la gouvernance des deux entreprises.
« Cette intégration verticale permet une plus grande productivité, un plus grand contrôle, un plus grand développement, moins de corruption et la possibilité de récupérer à nouveau la capacité dont disposait Pemex. »
Claudia Sheinbaum, Présidente
Sheinbaum a dressé un tableau sombre de la situation antérieure à l’arrivée de son administration, évoquant une politique délibérée de réduction des capacités de Pemex et une tentative de privatisation progressive. Elle a souligné que l’objectif était également d’intégrer des entreprises privées, tant nationales qu’étrangères, dans la production pétrolière.
La présidente a rappelé que les premières difficultés remontaient à 1992, mais que la réforme énergétique de 2013, initiée par l’ancien président Enrique Peña Nieto, avait ouvert la voie à des appels d’offres pour la production pétrolière. Elle a toutefois insisté sur le fait que l’implication du secteur privé n’avait pas conduit aux résultats escomptés.
« Les privés n’ont pas non plus produit »
Claudia Sheinbaum, Présidente
, ce qui a entraîné une baisse continue de la production nationale jusqu’en 2018.
L’arrivée de la Quatrième Transformation, selon Sheinbaum, a marqué un tournant décisif.
« Ça a complètement changé la dynamique, ça nous a permis d’inverser une bonne partie de la réforme de 2013 »
Claudia Sheinbaum, Présidente
Parmi les mesures les plus récentes, la présidente a mis en avant la modification constitutionnelle de l’article 28, qui redéfinit Pemex et la CFE comme des « entreprises publiques d’État ». Ce changement de statut, a-t-elle précisé, vise à souligner que ces entreprises appartiennent au peuple mexicain et à la nation, et non plus seulement à l’État.
Sheinbaum a également évoqué les difficultés financières rencontrées par Pemex ces dernières années, notamment un endettement atteignant 100 milliards de dollars, une baisse de la production et la quasi-fermeture de ses raffineries. Elle a attribué ces problèmes à l’ouverture aux capitaux privés et à la perte de contrôle de l’État sur le secteur énergétique.
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