Publié le 13 janvier 2026 à 16h03. Une révision du modèle d’évaluation des propriétés foncières en Norvège provoque une forte augmentation de l’impôt foncier pour les propriétaires de biens de grande valeur, suscitant l’inquiétude et la colère, notamment chez les retraités.
- Les personnes âgées et les retraités propriétaires de logements coûteux sont confrontés à une augmentation significative de leurs impôts fonciers suite à un nouveau modèle d’évaluation.
- De nombreux contribuables sont pris de court par cette hausse inattendue, craignant de devoir vendre leur maison pour faire face à ces nouvelles obligations financières.
- Le gouvernement norvégien maintient son engagement envers un niveau global d’imposition stable, mais cette promesse ne semble pas apaiser les inquiétudes des contribuables.
La nouvelle méthode d’évaluation de la valeur des propriétés foncières, qui prend en compte une part plus importante de la valeur marchande, a entraîné des augmentations d’impôts considérables pour les propriétaires de biens dont la valeur dépasse les 10 millions de couronnes norvégiennes (environ 900 000 euros). Plusieurs personnes ont contacté le journal E24 pour exprimer leur désarroi face à cette situation.
Rune Berenett, un retraité de 75 ans vivant à Oslo, a vu son impôt foncier doubler pour l’année 2026 suite à cette réévaluation. Il estime que cette augmentation lui coûtera plus de 50 000 couronnes norvégiennes (environ 4 500 euros) de moins cette année.
« Støre a déclaré qu’il n’y aurait pas d’augmentation d’impôts en 2026, mais ce n’est pas exactement une petite augmentation d’impôt pour un retraité. Beaucoup ne pourront pas payer cela et garder leur propre appartement s’ils continuent ainsi. »
Rune Berenett, retraité
Le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, avait promis lors de la campagne électorale de l’été dernier que le niveau global des impôts et des taxes ne changerait pas si son parti remportait les élections. Lors d’une session parlementaire en décembre, le ministre des Finances, Jens Stoltenberg, a réaffirmé cet engagement.
Ellen Jahr, une retraitée de 74 ans vivant à Fornebu, près d’Oslo, a également constaté une augmentation plus que double de son impôt foncier. Elle possède une maison construite en 1987 sur un terrain familial hérité depuis environ 1870.
« C’est dramatique pour un retraité célibataire. L’augmentation soudaine et forte des impôts est perçue comme injuste. Je peux à peine me permettre de rester. »
Ellen Jahr, retraitée
Morten Bergsjø, 61 ans, employé du gouvernement, s’inquiète quant à lui de l’impact de cette augmentation sur sa retraite prochaine. Il souligne que cette situation remet en question la prévisibilité de sa situation financière.
« J’ai grandi avec l’objectif de travailler dur, de gagner de l’argent, de payer ma propre maison et de prendre ma retraite sans soucis. Mais cette prévisibilité a désormais disparu. Ce que je ne paie plus à la banque, je le paie en loyer à l’État. »
Morten Bergsjø, employé du gouvernement
Le nouveau modèle d’évaluation, qui a progressivement augmenté la base imposable des résidences principales ces dernières années, est justifié par le gouvernement comme une manière d’assurer une évaluation plus juste et plus précise de la valeur des propriétés. Cependant, de nombreux contribuables estiment que cette approche est injuste et qu’elle pénalise les propriétaires qui ont remboursé leur hypothèque avec des fonds déjà imposés.
La session parlementaire de décembre, où le ministre des Finances a réaffirmé l’engagement du gouvernement en matière de fiscalité, a suscité de vives réactions. Les contribuables concernés peuvent contester la valeur fixée par l’administration fiscale s’ils estiment qu’elle ne correspond pas à la valeur réelle de leur propriété.