Les habitants de Tierra Amarilla, au Chili, peuvent enfin entrevoir une solution à leurs inquiétudes après l’apparition d’un immense gouffre près de leurs habitations il y a plus de trois ans. Un tribunal environnemental a ordonné à la société minière Minera Ojos del Salado de réparer les dommages causés par son activité à la mine de cuivre Alcaparrosa, jugée responsable de l’effondrement.
La décision de justice, rendue ce mois-ci, impose à l’entreprise, filiale du groupe canadien Lundin Mining, de sécuriser l’approvisionnement en eau de la région et de procéder au remblaiement du cratère. Ce gouffre cylindrique, qui avait atteint initialement une profondeur de 64 mètres (210 pieds) pour un diamètre de 32 mètres (105 pieds) en surface, suscite des craintes quant à son potentiel d’expansion et aux risques qu’il représente pour les habitations voisines.
« Depuis l’apparition du gouffre, nous vivons dans la peur », témoigne Rudy Alfaro, dont le domicile se trouve à 800 mètres du site. Un centre de santé et une école maternelle sont également situés à proximité, accentuant l’anxiété des riverains. « Nous craignions qu’il ne s’agrandisse, qu’il ne progresse et ne menace les maisons. »
L’inquiétude a été ravivée récemment, suite à l’émission de nuages de poussière lors d’un tremblement de terre, a précisé Mme Alfaro. Le tribunal a confirmé la fermeture de la mine d’Alcaparrosa, ordonnée en janvier par les autorités environnementales chiliennes, et a constaté des dommages « irréversibles » à une nappe phréatique, asséchée par les activités minières et fragilisant le terrain environnant.
« Cela porte préjudice à une zone déjà soumise à un stress hydrologique important », a déclaré Rodrigo Saez, directeur régional de l’eau. Lundin Mining a indiqué qu’elle collaborerait avec les autorités pour mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires.