Le monde du cinéma est en deuil. Rob Reiner, réalisateur de classiques tels que Quand Harry rencontre Sally et La Princesse Bride, s’est éteint à l’âge de 76 ans, laissant derrière lui un héritage cinématographique riche et varié.
Connu pour sa capacité à jongler avec les genres, de la comédie à la satire en passant par le thriller psychologique, Reiner a marqué plusieurs générations de spectateurs. Il s’est illustré devant la caméra dans la série télévisée Ma Famille d’abord (All in the Family) dans les années 1970, avant de se consacrer à la réalisation.
Son premier grand succès est venu en 1984 avec la mockumentaire culte This Is Spinal Tap, une parodie hilarante des groupes de heavy metal britanniques. Réalisé en collaboration avec Christopher Guest, Harry Shearer et Michael McKean, le film a introduit des expressions devenues légendaires, comme « monte le son à 11 ». En 2022, Reiner expliquait à l’Institut du Cinéma Britannique (BFI) que le personnage du réalisateur Marty DiBergi était inspiré du travail de Martin Scorsese sur le film de concert The Last Waltz :
« Une grande partie de l’inspiration vient de là. Scorsese s’était mis en scène dans The Last Waltz, et j’ai pensé que c’était une bonne approche. Au début, il était un peu contrarié que je me moque de lui, mais avec le temps, il a appris à l’apprécier. »
Il a d’ailleurs repris son rôle de Marty DiBergi quelques mois seulement avant son décès dans Spinal Tap II : The End Continues.
En 1986, Reiner s’est éloigné de la comédie pure avec Stand By Me, une adaptation d’une nouvelle de Stephen King. Ce récit initiatique suivant un groupe d’amis en quête du corps d’un adolescent disparu a révélé de jeunes talents comme River Phoenix et Kiefer Sutherland. Reiner a confié dans le podcast Armchair Expert with Dax Shepard que ce film était particulièrement important pour lui :
« C’était la première fois que je réalisais quelque chose de si différent de ce que mon père aurait pu faire. C’était la première fois que je me sentais vraiment en phase avec ma propre personnalité : il y avait de l’humour, mais aussi de la mélancolie et de la nostalgie. »
L’année suivante, il enchante le public avec La Princesse Bride, une fantaisie romantique et satirique tirée d’un roman de William Goldman. Une spectatrice avait même raconté à Reiner comment ce film lui avait sauvé la vie, en lui permettant de rester éveillée avec ses compagnons d’une avalanche en récitant toutes les répliques du film. « C’est la meilleure anecdote que j’aie jamais entendue », avait-il déclaré à Variety. « La Princesse Bride m’a sauvé la vie. »
En 1989, il s’impose comme un maître de la comédie romantique avec Quand Harry rencontre Sally, réunissant Billy Crystal et Meg Ryan dans une histoire d’amitié qui se transforme en amour. La scène culte du restaurant, où Sally simule un orgasme, a donné naissance à une réplique devenue iconique : « Je prendrai ce qu’elle prend ! », récemment parodiée dans une publicité pour Hellmann’s diffusée lors du Super Bowl.
C’est également sur le tournage de Quand Harry rencontre Sally qu’il rencontre la photographe Michele Singer, une rencontre qui l’amène à modifier la fin du film. Il avait initialement prévu une fin plus amère, mais son histoire d’amour avec Michele l’a convaincu de donner une issue heureuse à Harry et Sally.
Le ton de son œuvre devient plus sombre en 1990 avec Misery, une autre adaptation d’un roman de Stephen King. Kathy Bates y livre une performance glaçante dans le rôle d’Annie Wilkes, une femme obsédée qui séquestre son écrivain préféré, James Caan. Bates a remporté l’Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle.
Reiner a également dirigé des films tels que Quelque part entre le ciel et l’enfer (A Few Good Men) en 1992, avec Tom Cruise et Jack Nicholson, et Le Président et Miss Wade (The American President) en 1995, avec Michael Douglas et Annette Bening. Au-delà de son travail de réalisateur, il était également connu pour son engagement politique et social, défendant des causes telles que la lutte contre le changement climatique et le contrôle des armes à feu.
À ne pas manquer
