L’obsession de la victoire à tout prix, au détriment de l’appréciation du jeu lui-même, empoisonne le débat sportif. Des exemples récents en NFL et en MLB illustrent cette tendance à dénigrer toute compétition sans enjeux de titre, une attitude que certains observateurs jugent contre-productive.
Le cas du quarterback Philip Rivers, revenu jouer pour les Colts ces dernières semaines, en est un parfait exemple. Bien que son équipe ait perdu les trois matchs où il était titulaire et ait été éliminée de la course aux séries éliminatoires, son retour a pris une dimension humaine, au-delà du simple résultat sportif. Rivers lui-même a souligné l’absurdité de considérer ces rencontres comme dénuées de sens : « Ces matchs auxquels nous jouions dans le jardin, quand nous avions 10 ans, n’avaient pas d’enjeu, n’est-ce pas ? » a-t-il déclaré. « Personne ne nous a rien reproché. Pourtant, on rentrait chez soi en pleurant, ou en souriant. Tout compte. »
Cette mentalité du « tout ou rien » a également été perceptible lorsque Joe Burrow, le jeune quarterback des Bengals, a été déclaré apte à rejouer alors que son équipe était déjà mathématiquement éliminée des séries éliminatoires. Certains lui ont conseillé de ne pas perdre son temps, estimant qu’il n’y avait plus rien à gagner. Pourtant, Burrow a continué à jouer, motivé par son professionnalisme et son amour du jeu. « Pourquoi tant de gens sont-ils si prompts à demander aux joueurs d’arrêter de jouer ? » s’interroge l’auteur, exaspéré par cette attitude.
Le sport professionnel est avant tout un divertissement, fondé sur la passion des fans. Des millions de personnes, dont de nombreux enfants, découvrent et apprécient le sport dès leur plus jeune âge. Exiger des joueurs qu’ils renoncent à jouer, simplement parce que leur équipe n’a plus d’espoir de titre, risque de décourager les futurs supporters. Cette logique s’applique également aux pratiques de gestion de charge controversées en NBA, où certains joueurs sont régulièrement mis au repos pour préserver leurs forces.
Les joueurs sont rémunérés pour jouer, et le public a le droit de voir les meilleurs athlètes donner le meilleur d’eux-mêmes, même en fin de saison. Prenons l’exemple de Mike Trout, une superstar du baseball. Pourquoi continuerait-il à jouer si son équipe était déjà éliminée ? La réponse est simple : par fierté professionnelle, par respect pour le jeu, et pour l’ensemble des fans.
Chaque match est une occasion pour les joueurs de se mesurer à leurs pairs, d’améliorer leurs statistiques individuelles et de prouver leur valeur. Les jeunes joueurs qui font leurs débuts en MLB en septembre ont besoin de ces opportunités pour se faire une place dans la ligue. Les joueurs en fin de contrat ont également tout intérêt à performer pour négocier de meilleures conditions. Comme l’a dit Joe DiMaggio : « Il y avait peut-être quelqu’un dans les tribunes aujourd’hui qui n’avait jamais vu mon jeu auparavant et ne me reverrait peut-être jamais. »
L’auteur souligne que de nombreux joueurs partagent cet état d’esprit, citant l’exemple de Julio Rodríguez et de Marcus Semien. Il déplore que certains observateurs insistent sur le fait que les joueurs d’aujourd’hui ne sont plus aussi motivés que par le passé. « Tout compte », conclut-il, reprenant les mots de Philip Rivers. Si des problèmes de blessures justifient un repos, un joueur en bonne santé a le devoir de donner le meilleur de lui-même jusqu’à la fin de la saison, pour le plaisir des fans qui paient son salaire.