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SoftBank annonce un investissement record de 75 milliards en infrastructures IA en France

by Thomas Caron
Le déploiement massif dans les Hauts-de-France

Masayoshi Son, président de SoftBank, a annoncé le 30 mai 2026 un investissement record de 75 milliards d’euros dans les infrastructures d’intelligence artificielle en France. Ce projet prévoit la création de centres de données à Bosquel et Dunkerque, avec 45 milliards d’euros injectés dans les Hauts-de-France d’ici 2031.

L’annonce a été révélée ce samedi dans les colonnes de La Tribune Dimanche, juste avant l’ouverture du sommet Choose France. Le montant global, s’élevant à 75 milliards d’euros, positionne SoftBank comme l’un des acteurs les plus agressifs du déploiement matériel nécessaire à l’IA sur le sol européen. Le groupe japonais ne se contente pas d’investir dans des logiciels ou des startups, mais s’attaque à la couche physique : l’énergie et le calcul.

Le déploiement massif dans les Hauts-de-France

Le cœur du projet se situe dans le nord de la France. SoftBank prévoit d’injecter 45 milliards d’euros d’ici 2031 spécifiquement dans la région Hauts-de-France. Cette stratégie repose sur l’implantation de deux sites majeurs de centres de données, situés à Bosquel et à Dunkerque. Selon le calendrier communiqué, ces infrastructures deviendront opérationnelles respectivement en 2028 et 2031.

Le déploiement massif dans les Hauts-de-France
Masayoshi Son

Masayoshi Son, président de SoftBank

Sur le plan technique, l’ambition est proportionnelle aux chiffres. SoftBank prévoit de construire une capacité totale de 5 GW (gigawatts) de centres de données IA en France. À titre d’exemple, un projet spécifique a été annoncé pour Bosquel, où SoftBank s’associera à Sesterce pour développer un centre de données IA d’une puissance de 1 GW. Pour le lecteur non initié, le gigawatt représente ici la capacité électrique maximale que le site peut absorber pour alimenter des milliers de processeurs haute performance, indispensables pour entraîner et faire fonctionner des modèles d’IA massifs.

L’énergie et le talent comme critères de choix

Le choix de la France n’est pas dicté par des raisons fiscales, mais par des impératifs industriels. Masayoshi Son a explicitement lié cette décision à la souveraineté énergétique du pays. Le fait que la France soit producteur et exportateur d’énergie est, selon lui, un facteur absolument décisif pour des investissements d’infrastructure dans l’intelligence artificielle.

L'énergie et le talent comme critères de choix
SoftBank investment news

L’IA générative est extrêmement gourmande en électricité. La stabilité et la disponibilité d’une énergie bas carbone sont devenues les variables principales pour l’implantation des serveurs. Au-delà de l’électricité, le fondateur de SoftBank a mis en avant deux autres piliers : l’implication de la France dans les domaines de la tech et de l’IA, ainsi que la qualité de son système éducatif. Il a notamment loué le large vivier de talents disponibles, en particulier dans l’ingénierie et la tech.

Une stratégie globale de puissance de calcul

L’offensive française s’inscrit dans un plan mondial plus large. SoftBank ne mise pas uniquement sur l’Europe. Le groupe multiplie les partenariats d’infrastructure à l’échelle internationale pour sécuriser sa place dans la chaîne de valeur de l’IA. Aux États-Unis, SoftBank a récemment conclu un accord avec le département de l’Énergie (DOE) et AEP Ohio pour le redéveloppement du site de Portsmouth. Ce projet, dont la cérémonie de pose de la première pierre a eu lieu le 20 mars 2026, vise la création d’un centre de données IA massif de 10 GW dans l’Ohio.

Trump and SoftBank CEO announce $100 billion investment plan in US • FRANCE 24 English

Cette approche verticale est cohérente avec le portefeuille d’actifs du groupe. SoftBank détient 87,1 % d’Arm Holdings, le concepteur des architectures de puces utilisées dans la quasi-totalité des smartphones et désormais dans les serveurs IA. Le groupe possède également une participation de 11 % dans OpenAI. En investissant massivement dans les centres de données (le contenant), SoftBank sécurise l’exécution des modèles d’IA (le contenu) sur des puces dont il contrôle en partie la conception (l’architecture).

Analyse : entre annonce spectaculaire et réalité industrielle

Si le chiffre de 75 milliards d’euros est impressionnant, il convient de distinguer l’annonce financière de la réalité opérationnelle. Le déploiement s’étale sur plusieurs années, avec des échéances allant jusqu’en 2031. La construction de centres de données de l’ordre du gigawatt représente un défi technique et administratif colossal, notamment en termes de raccordement au réseau électrique et de gestion du refroidissement.

Le risque principal réside dans l’évolution rapide du matériel. Entre l’annonce d’aujourd’hui et la mise en service en 2031, les architectures de calcul auront évolué plusieurs fois. Cependant, en se focalisant sur l’infrastructure énergétique et foncière, SoftBank mise sur l’actif le plus rare du secteur : la capacité électrique disponible. Quelle que soit la puce utilisée demain, le besoin en électricité restera le goulot d’étranglement de l’IA.

L’enjeu pour la France sera désormais de transformer ces promesses d’investissement en emplois qualifiés et en transfert de compétences, tout en gérant l’impact environnemental de sites dont la consommation électrique sera comparable à celle de villes moyennes. Le sommet Choose France, prévu ce dimanche, devrait apporter des précisions sur les modalités de mise en œuvre de ces projets à Bosquel et Dunkerque.

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