L’acteur britannique Alan Rickman, connu pour ses rôles de méchants mémorables au cinéma, est décédé en 2016, mais son souvenir reste vivace auprès de ceux qui l’ont connu, tant sur le plan professionnel que personnel. Au-delà de l’image du vilain, Rickman était décrit comme un homme d’une grande gentillesse, doté d’un humour subtil et d’une profonde connaissance des arts.
L’une des anecdotes les plus marquantes concernant sa vie remonte au milieu des années 1990, alors que sa future épouse, étudiante en littérature à l’université de Manchester, tentait d’enfiler un sac à dos particulièrement volumineux. Perdant l’équilibre, elle bascula en arrière, se retrouvant incapable de se relever, gesticulant comme une tortue retournée. Alan Rickman, qui se rendait sur le même quai, s’arrêta, la pointa du doigt et éclata de rire avant de poursuivre son chemin. Loin d’être blessée, elle considéra cet incident comme une performance artistique improvisée en gare.
Rickman a marqué les esprits grâce à son interprétation du redoutable Hans Gruber dans Die Hard (1988), un rôle qui l’a propulsé sur le devant de la scène internationale. Ironiquement, ce rôle de méchant est resté gravé dans la mémoire collective, alors que ceux qui l’ont côtoyé soulignent sa nature généreuse et son humour pince-sans-rire. Lors d’un hommage rendu à Bruce Willis quelques années plus tard, Rickman s’était présenté avec la tête bandée et des béquilles, simulant une improbable survie de son personnage, preuve de son esprit joueur.
Plus qu’un simple acteur, Rickman possédait une capacité rare à transmettre les pensées de ses personnages au-delà des mots. Il maîtrisait l’art des silences et des regards expressifs, conférant à ses rôles une profondeur insoupçonnée. « On pouvait presque entendre ce que ses personnages pensaient au-delà des lignes qu’ils prononçaient », témoigne un internaute.
Son talent ne se limitait pas au cinéma. Il était également un passionné de théâtre, ayant débuté sa carrière sur les planches. En 1985, il a joué aux côtés de Lesley Manville dans Les Liaisons dangereuses à la Royal Shakespeare Company. Un ancien fonctionnaire du conseil des arts se souvient d’une conversation d’une demi-heure avec Rickman après une représentation théâtrale au Barbican en 2003, où ils ont échangé sur leur amour commun pour le théâtre expérimental, citant des troupes telles que Forced Entertainment et le Wooster Group.
D’autres se souviennent de sa gentillesse et de son attention. Un assistant de mise en scène au West Yorkshire Playhouse raconte comment Rickman, après la première de The Winter Guest, est revenu voir l’équipe et s’est excusé d’avoir confondu son nom, avant de lui envoyer une bouteille de champagne à la naissance de son enfant. « Il était un vrai gentleman et un plaisir à connaître, même pour un court moment », témoigne-t-il.
Même ceux qui n’ont eu qu’un bref contact avec lui gardent un souvenir impérissable. Un internaute se souvient avec nostalgie de sa performance dans Robin Hood : Prince des voleurs (1991), et de sa réplique culte : « Et que les stiches soient petites ! » (« Keep the sssssstichesssss sssssmall! »). Rickman, un homme gracieux et intelligent, manquera à tous ceux qui ont eu la chance de le connaître.
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