Home DivertissementSorry, Baby : extrait exclusif du film d’Eva Victor, révélation de Sundance et Cannes

Sorry, Baby : extrait exclusif du film d’Eva Victor, révélation de Sundance et Cannes

by Antoine Girard

Publié le 12 janvier 2024. Le premier long métrage d’Eva Victor, Désolé, bébé, explore avec une sensibilité rare et un humour subtil le cheminement difficile d’une jeune femme confrontée aux séquelles d’une violence, et arrive en salles italiennes le 15 janvier.

  • Le film, produit par Barry Jenkins, a été salué à Sundance où il a remporté le Prix Waldo Salt du meilleur scénario.
  • Désolé, bébé se distingue par sa structure non linéaire et son approche intimiste du traumatisme, privilégiant le processus de guérison à la représentation de la violence elle-même.
  • Eva Victor incarne Agnès, une professeure d’université dont la vie est suspendue après un événement traumatisant, tandis que Naomi Ackie joue son amie Lydie, dont le parcours contraste avec celui d’Agnès.

Désolé, bébé, le premier film d’Eva Victor, est une œuvre discrète mais puissante qui interroge la complexité de la guérison après un traumatisme. Produit par l’acteur oscarisé Barry Jenkins, le film a suscité l’enthousiasme lors du Festival du film de Sundance, où il a reçu le Prix Waldo Salt du meilleur scénario. Il a ensuite été présenté au Festival de Cannes 2024, confirmant son statut de l’un des films indépendants les plus remarqués de l’année.

L’histoire se concentre sur Agnès, interprétée par Eva Victor elle-même, une jeune professeure d’université brillante dont la vie bascule après avoir été victime de violence de la part d’une personne proche. Le film ne cherche pas à dramatiser l’acte lui-même, mais à explorer les conséquences à long terme, la fracture invisible qui s’installe et fige le temps. Agnès vit toujours dans la maison de Nouvelle-Angleterre où l’événement s’est produit, tandis que son amie et ancienne colocataire, Lydie (interprétée par Naomi Ackie), a refait sa vie à New York, s’est mariée et attend un enfant. Le contraste entre leurs deux existences souligne la difficulté de reprendre le cours de sa vie après un traumatisme.

Désolé, bébé adopte une structure narrative non linéaire, divisée en chapitres, pour dépeindre cinq années de « gestation » de la douleur. Ce temps long et imparfait est ponctué de moments apparemment insignifiants qui s’avèrent pourtant décisifs. Le film évite toute rhétorique sur le traumatisme et se concentre sur le processus de guérison, sur la lutte pour se reconstruire et le sentiment d’être délaissée alors que le monde continue de tourner.

« L’urgence du film vient d’une expérience personnelle : non pas le désir de mettre en scène la violence, mais d’explorer le processus de guérison, cet état d’immobilité émotionnelle qui peut suivre un événement traumatisant », explique Eva Victor. C’est dans cette exploration subtile et nuancée que Désolé, bébé trouve son originalité, en équilibrant avec finesse drame et humour, légèreté et profondeur émotionnelle. Le film provoque des sourires, parfois des rires, mais toujours empreints d’une certaine amertume, comme un écho aux vérités les plus inconfortables.

L’extrait exclusif présenté par Sky TG24 illustre parfaitement ce ton particulier : des gestes minimalistes, des dialogues sobres, un regard qui en dit plus que de longs discours. C’est un aperçu d’un cinéma qui observe avec respect, qui ne cherche pas à tout expliquer et qui laisse au spectateur la liberté de s’identifier, de ressentir, de rester.

Distribué en Italie à partir du par I Wonder Pictures en collaboration avec Unipol Biografilm Collection, Désolé, bébé marque les débuts prometteurs d’une voix singulière et personnelle. Un premier film qui ne cherche pas à se faire entendre, mais à être écouté, et qui, précisément pour cette raison, touche au plus profond de l’être.

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