Les marchés financiers affichent une prudence palpable, tiraillés entre des signaux contradictoires et l’incertitude géopolitique. Si les prix du pétrole flambent, dopés par les tensions au Venezuela, les indices boursiers européens peinent à décoller, tandis que le secteur technologique montre des signes d’essoufflement.
La flambée des prix du pétrole, consécutive à l’annonce d’un blocus pétrolier contre le Venezuela par le président Donald Trump, a stimulé les valeurs énergétiques européennes. Le FTSE 100 a ainsi surperformé, porté par des entreprises comme BP et Shell, et les prix du brut ont bondi de plus de 2 %, après avoir atteint leurs plus bas niveaux depuis 2021 la veille. Parallèlement, les craintes de nouvelles sanctions américaines contre le secteur énergétique russe, si le président Poutine refuse un accord de paix en Ukraine, alimentent les tensions. Cette combinaison de risques d’approvisionnement et de tensions géopolitiques a propulsé le cours de l’or près de son plus haut niveau d’octobre, tandis que l’argent a franchi de nouveaux sommets, dépassant les 66 $ (dollars américains).
Malgré ce regain d’intérêt pour les valeurs refuges, le marché obligataire a montré des signes de vigueur, avec une hausse des rendements. Cette situation a initialement entraîné une faiblesse du dollar, mais ce mouvement s’est rapidement inversé, les devises principales revenant à leurs niveaux d’avant la publication des données économiques. Les prix des bons du Trésor ont légèrement baissé, les investisseurs renonçant à anticiper des baisses de taux d’intérêt plus rapides ou plus importantes.
Les données sur l’emploi de novembre ne semblent pas avoir apporté de nouveaux éléments de réflexion, renforçant les prévisions actuelles en matière de taux d’intérêt. Les États-Unis ne sont pas confrontés à une pression immédiate pour assouplir leur politique monétaire, surtout si l’inflation reste stable. L’attention se porte désormais sur la publication de vendredi, où l’inflation globale devrait passer de 3,0 % à 3,1 %.
À l’approche de la fin de l’année, un doute grandit quant à la capacité des valeurs technologiques à grande capitalisation, qui ont tiré le marché à la hausse, de maintenir leur dynamique. La confiance des investisseurs dans ce secteur est mise à l’épreuve, en raison de valorisations élevées et de questions sur la rentabilité des investissements massifs dans l’intelligence artificielle. Les résultats décevants d’Oracle et de Broadcom la semaine dernière ont accentué ces inquiétudes, suggérant que l’optimisme pourrait être excessif.
Un nouveau rallye technologique pourrait toutefois fournir l’impulsion nécessaire pour pousser l’indice S&P 500 vers de nouveaux sommets. Il serait idéal que les secteurs leaders maintiennent leur position pendant que les secteurs en retard rattrapent leur retard. Les valeurs énergétiques resteront probablement au centre de l’attention si les prix du pétrole se maintiennent à un niveau élevé.
Les rendements obligataires restent un facteur de risque majeur. Leur hausse exerce une pression particulière sur les valeurs technologiques à forte croissance, comme cela a été observé la semaine dernière. Si les rendements ne diminuent pas, le risque de volatilité accrue des actifs à risque demeure élevé à l’approche de la fin de l’année.
D’un point de vue technique, la tendance haussière générale du S&P 500 reste intacte. Tant que la zone de support située entre 6 790 et 6 812 points se maintient – comme ce fut le cas ces dernières séances – les investisseurs devraient rester relativement optimistes. Cette zone correspond à l’ancienne résistance et s’aligne sur la moyenne mobile exponentielle sur 21 jours. Une cassure décisive en dessous de ce niveau pourrait ramener les vendeurs sur le marché, avec des objectifs à 6 731 points, puis à 6 700 points, et éventuellement à 6 600 points à moyen terme.
À la hausse, le niveau de 6 900 points reste un obstacle important. Une clôture quotidienne au-dessus de ce seuil serait techniquement significative, signalant la fin de la récente phase de consolidation et ouvrant la voie à une progression vers le plus haut d’octobre à 6 953 points. Pour l’instant, la tendance reste favorable, mais l’évolution des rendements obligataires et la performance du secteur technologique pourraient bientôt déterminer sa pérennité.
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