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Starnieuws – Le Suriname devient plus lourd

by Sophie Martin

Publié le 17 janvier 2026 11h50. L’obésité gagne du terrain au Suriname, touchant désormais plus de la moitié de la population adulte et menaçant de peser lourdement sur le système de santé. Une prise de conscience et des actions préventives s’avèrent urgentes pour inverser cette tendance inquiétante.

  • Plus de 6 adultes sur 10 au Suriname sont en surpoids ou obèses, un chiffre alarmant en constante augmentation.
  • L’obésité est un facteur de risque majeur de diabète de type 2, d’insuffisance rénale et de maladies cardiovasculaires.
  • Une disparité se dessine : les populations les plus défavorisées sont les plus touchées par la prise de poids, en raison d’un accès limité à une alimentation saine.

Le Suriname est confronté à une crise sanitaire silencieuse : l’obésité. Si en 1990, seulement un Surinamien adulte sur dix était considéré comme obèse, ce chiffre a aujourd’hui doublé, voire triplé, atteignant 2 à 3 personnes sur 10. Cette progression constante est particulièrement préoccupante, car l’obésité n’est pas seulement une question d’apparence physique, mais un véritable facteur de risque pour de nombreuses maladies graves.

L’impact de l’obésité sur la santé publique est considérable. Elle est directement liée à une augmentation des cas de diabète de type 2 (la forme de diabète liée à l’alimentation et au manque d’activité physique), qui à son tour est une cause majeure d’insuffisance rénale et de nécessité de dialyse. En 2024, 700 personnes ont bénéficié d’une dialyse au Suriname (plus d’une personne pour 1 000 habitants). Les experts estiment que, sans intervention, environ 2 000 des 53 000 adultes diabétiques du pays pourraient avoir besoin d’une dialyse à l’avenir. Un traitement qui coûte environ 40 000 SRD par mois et par patient.

Mais les conséquences de l’obésité ne s’arrêtent pas là. Elle augmente également le risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension artérielle, de douleurs articulaires et de certains types de cancer. L’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) alerte également sur le fait qu’un jeune Surinamien sur trois est déjà en surpoids ou obèse, ce qui laisse présager une pression accrue sur le système de santé dans les années à venir.

L’obésité est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 (un IMC entre 25 et 30 indique un surpoids). L’IMC se calcule en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres. Cependant, il est important de noter que l’obésité est souvent liée à une accumulation de graisse abdominale, mesurée par le tour de taille. Un athlète ayant une masse musculaire importante peut avoir un IMC élevé sans pour autant être en mauvaise santé.

Les causes de l’obésité sont multiples et complexes. Si une prédisposition génétique peut jouer un rôle, le mode de vie est un facteur déterminant. Ignorance, manque de maîtrise de soi, alimentation déséquilibrée et sédentarité sont autant de facteurs qui contribuent à la prise de poids. Les personnes génétiquement prédisposées sont particulièrement vulnérables dans un environnement où elles passent de longues heures assises, consomment des aliments transformés, marchent peu et boivent des boissons sucrées en abondance.

La prévention doit commencer dès l’enfance, mais il est également possible d’éduquer les adultes à adopter un mode de vie plus sain. Il est essentiel de lutter contre la dépendance au sucre, au sel et aux graisses, qui incitent à manger plus que nécessaire. Apprendre à apprécier une alimentation équilibrée et à faire de l’exercice physique doit devenir une priorité. Cependant, la maîtrise de soi est difficile dans un environnement qui encourage constamment la surconsommation.

Dick Waggel, 55 ans, témoigne de la difficulté de lutter contre l’obésité. Avec un IMC supérieur à 40, il souffre de problèmes articulaires, de diabète, d’hypertension artérielle et d’apnée du sommeil. Il a tout essayé pour perdre du poids, mais sans succès, comme si son corps résistait activement à la perte de poids. Il a finalement opté pour un bypass gastrique, une intervention chirurgicale qui consiste à modifier le système digestif.

Quelques mois après l’opération, Dick Waggel a perdu 50 kilos. Il se sent plus en forme, plus mobile et sa glycémie s’est normalisée. Il a également besoin de moins de médicaments pour contrôler son hypertension et son apnée du sommeil. Cependant, il a perdu une partie de sa masse musculaire et doit prendre des multivitamines à vie pour éviter les carences nutritionnelles. Malgré ces inconvénients, il se dit satisfait du résultat.

Une tendance mondiale se confirme également au Suriname : les populations les plus riches ont tendance à mieux se nourrir et à maintenir un poids santé, tandis que les populations les plus pauvres sont plus susceptibles de souffrir d’obésité. L’augmentation du coût des aliments sains et l’inflation obligent les personnes à faible revenu à consommer des aliments moins nutritifs et plus abordables. Les contraintes professionnelles, le manque de temps pour cuisiner, la restauration rapide et le manque d’infrastructures pour la pratique d’une activité physique contribuent également à cette situation.

Le Suriname doit éviter de suivre le triste exemple de Samoa, pays où le taux d’obésité est le plus élevé au monde (7 adultes sur 10). Le slogan pour 2026 est clair : Ne soyez pas plus rassasié, mais plus en forme.

D. Balraadjsing

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