Dirigée par Laurent Decès, la structure propose quatre jours de festivités mêlant musiques actuelles, arts numériques et spectacles vivants, tout en renouant avec ses origines historiques au quartier de Chantenay.
Quinze ans après son inauguration sur l’Île de Nantes, le lieu culturel s’impose comme une référence incontournable de la création contemporaine. L’événement rassemble concerts, performances numériques, tables rondes et expositions gratuites, affirmant la place de la culture dans le lien social et l’activité économique.
Un ancrage historique entre L’Olympic et l’Île de Nantes
Avant d’investir le quartier de la Création en septembre 2011, l’histoire culturelle de la structure s’écrivait dans une autre salle mythique. L’Olympic, située dans le quartier de Chantenay, a vu défiler des figures majeures de la scène française et locale comme Dominique A, Philippe Katerine, The Little Rabbits ou Dolly.
Cette salle de 800 places, gérée par l’association Songo, a fermé ses portes en 2011 avant que le projet ne déménage au sein de La Fabrique. L’inauguration officielle s’est déroulée le 30 septembre 2011 en compagnie du groupe de hip-hop nantais Hocus Pocus devant un public curieux et conquis par la qualité acoustique des nouveaux espaces.
Pour cet anniversaire marquant, les célébrations débutent par un retour symbolique sur les terres originelles. Une giga mad gratuite mêlant danse traditionnelle et techno a investi la place Jean-Macé, suivie d’une soirée à L’Olympic réunissant Gildaa, Kabeaushé et Île de Garde.
Une programmation éclectique tournée vers l’émergence artistique
Sous la direction de Laurent Decès, en poste depuis deux ans après avoir dirigé l’établissement parisien Le Petit Bain, l’équipe artistique revendique une programmation résolument orientée vers l’avenir. Le directeur du pôle musical Jean-Michel Dupas souligne la volonté d’éviter la nostalgie pour privilégier la scène locale.
Le point d’orgue de ces festivités met à l’honneur le duo franco-britannique Pamela. Formé par Sam Sprent et Simon Quénéa, ce groupe nantais à la croisée de l’électro-pop, de la folk et de la chanson française s’est vu confier les clés de la soirée de jeudi. Les artistes, qui ont collaboré au premier album de Zaho de Sagazan, préparent la sortie de leur propre premier album en octobre.
C’est un établissement qui fait référence aujourd’hui à l’échelle locale, mais aussi nationale.
Laurent Decès, Directeur de Stereolux
Entre musiques actuelles et arts numériques
Ce qui distingue la structure nantaise dans le paysage national réside dans sa double labellisation. Parmi la centaine de scènes de musiques actuelles en France, Stereolux demeure la seule à conjuguer la diffusion musicale avec une exigence marquée pour les arts numériques et l’action culturelle.
Cet ADN se reflète dans l’exposition gratuite Mirages
, qui rassemble les œuvres de huit artistes. L’installation numérique immersive de Romain Tardy, visible sous les Nefs, interroge le rapport du public à la vérité à l’ère de la désinformation, aux côtés du projet collectif d’Émilie Brout et Maxime Marion présenté à la Zoo Galerie.
Souvenirs de scène et anecdotes mémorables
Quinze années d’activité foisonnante laissent place à des souvenirs variés pour l’équipe encadrante, oscillant entre moments de tension et éclats de rire. Jean-Michel Dupas se rappelle ainsi d’une attente prolongée avec Juliette Armanet, récalcitrante à monter sur scène, ou encore du passage pour le moins agité de Pete Doherty vers 2016.

Cette année-là, le musicien britannique avait partagé la scène avec le rappeur Orelsan, venu improviser quelques morceaux inopinément dans les différentes salles du site avant qu’un jet de guitare imprudent dans le public ne frôle de peu les spectateurs.