Home Technologie et scienceSurveillances vitales : caractéristiques et facteurs d’influence de la résistance aux antimicrobiens chez les salmonelles isolées chez des travailleurs asymptomatiques — Ville de Yulin, région autonome Zhuang du Guangxi, Chine, 2013-2024

Surveillances vitales : caractéristiques et facteurs d’influence de la résistance aux antimicrobiens chez les salmonelles isolées chez des travailleurs asymptomatiques — Ville de Yulin, région autonome Zhuang du Guangxi, Chine, 2013-2024

by Thomas Caron

Publié le 2024-11-14 07:22:00. La résistance aux antimicrobiens représente une menace croissante pour la santé publique mondiale, et une étude récente met en lumière l’importance de la surveillance épidémiologique et de la compréhension des mécanismes de propagation de ces résistances, notamment via la chaîne alimentaire et l’environnement.

  • Des études récentes en Chine révèlent une prévalence élevée de portage de Salmonella résistante aux antimicrobiens, même chez des individus asymptomatiques.
  • L’utilisation excessive d’antibiotiques en élevage et les rejets d’antibiotiques dans l’environnement favorisent le développement et la dissémination des gènes de résistance.
  • Le changement climatique pourrait également exacerber le problème en facilitant le transfert de gènes de résistance entre les bactéries.

La résistance aux antimicrobiens, ou antibiorésistance, est un phénomène inquiétant qui se développe à un rythme alarmant à l’échelle mondiale. Elle se produit lorsque les bactéries, les virus, les champignons et les parasites évoluent et ne répondent plus aux médicaments conçus pour les tuer. Cette résistance rend les infections plus difficiles à traiter et augmente le risque de propagation de maladies, de complications graves et de décès. Des recherches récentes, compilées à partir de plusieurs études, soulignent la complexité de ce problème et la nécessité d’une approche globale pour le combattre.

Une étude menée en Chine entre 2003 et 2017 (Li WW, et al., 2020) a mis en évidence l’importance de la surveillance des épidémies de maladies d’origine alimentaire. Plus récemment, des travaux publiés en 2021 (Wang LP, et al., 2021) ont caractérisé les aspects étiologiques, épidémiologiques et cliniques de la diarrhée aiguë en Chine, révélant une implication croissante de bactéries résistantes aux antibiotiques. Une étude de 2024 (Lu X, et al., 2024) a même démontré un portage élevé et une possible propagation cachée de Salmonella multirésistante parmi les travailleurs asymptomatiques de la ville de Yulin, en Chine.

Le fardeau mondial de la résistance bactérienne aux antimicrobiens est considérable, comme le démontrent les analyses systématiques menées par les collaborateurs du GBD 2021 (Collaborateurs du GBD 2021, 2024 et Collaborateurs en matière de résistance aux antimicrobiens, 2022). Ces études prévoient une augmentation significative de ce fardeau d’ici 2050 si des mesures efficaces ne sont pas prises. L’émergence de bactéries multirésistantes, ultrarésistantes et pandrorésistantes (Magiorakos AP, et al., 2012) constitue une menace particulièrement préoccupante.

Plusieurs facteurs contribuent à cette crise. L’utilisation excessive et inappropriée d’antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire est un moteur majeur de la résistance. Des recherches suggèrent que l’utilisation d’antibiotiques en élevage (Matheou a, et al., 2025) peut favoriser la sélection de bactéries résistantes qui peuvent ensuite se propager à l’homme. De plus, les rejets d’antibiotiques dans l’environnement, combinés à des températures élevées et à la présence de chlore résiduel (Zhao WY, et al., 2025), peuvent favoriser le transfert conjugatif des gènes de résistance entre les bactéries. Des facteurs non antibiotiques, tels que certains métaux lourds, peuvent également jouer un rôle (Zhao CD, et al., 2025).

Le changement climatique pourrait également aggraver la situation. Une étude a montré que les températures plus élevées peuvent favoriser le transfert de gènes de résistance (Zhao WY, et al., 2024), tandis que des recherches plus larges indiquent que les facteurs climatiques et socio-économiques contribuent à la résistance mondiale aux antimicrobiens (Li WB, et al., 2025). La propagation de la résistance peut également être facilitée par des vecteurs tels que les insectes (Onwugamba FC, et al., 2018).

Face à cette menace, il est crucial de renforcer la surveillance épidémiologique, de promouvoir une utilisation prudente des antibiotiques, d’améliorer les pratiques d’hygiène et de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques. La recherche de nouvelles molécules, comme les nanoparticules de tigécycline (Lan X, et al., 2024), et la compréhension des mécanismes de résistance, notamment l’émergence de gènes de résistance de haut niveau (He T, et al., 2019), sont également essentielles pour lutter efficacement contre la résistance aux antimicrobiens.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.