Publié le 12 janvier 2026 à 03h44. Un projet de méga-ferme piscicole, visant à produire du saumon d’élevage directement au bord du lac de Walenstadt, suscite l’opposition d’organisations de défense des animaux qui dénoncent un modèle d’élevage industriel.
- Une entreprise suisse, Swiss Blue Salmon AG, prévoit de construire la plus grande ferme salmonicole du pays à Mollis, près du lac de Walenstadt.
- Le projet ambitionne une production annuelle de 4 000 tonnes de saumon de l’Atlantique, soit environ 10 % des importations actuelles en Suisse.
- L’ONG Fair-fish s’oppose fermement à cette initiative, craignant des conditions d’élevage incompatibles avec le bien-être animal.
L’entreprise Swiss Blue Salmon AG compte investir 180 millions de francs suisses dans cette installation de haute technologie, qui s’étendra sur 2,5 hectares au bord de l’autoroute A3, dans la commune de Glaris Nord. Le terrain a été cédé par la commune à l’État.
Le projet, qui devrait voir le jour d’ici 2029, rencontre une forte résistance, notamment de la part de l’organisation de protection des animaux Fair-fish. Celle-ci qualifie l’initiative d'”élevage industriel” et s’inquiète des souffrances que pourraient endurer les poissons.
Qu’est-ce qui est prévu exactement ?
L’installation est présentée comme la plus grande ferme salmonicole de Suisse, mais aussi comme l’une des plus durables au monde. Le projet prévoit la construction de deux bâtiments de 106 mètres de long chacun, comme le révèle l’appel d’offres lancé, selon «La Suisse du Sud-Est». Des panneaux solaires installés sur les toits devraient contribuer à alimenter l’installation en énergie. L’exploitant assure que le système en circuit fermé protégera les saumons des microplastiques, des antibiotiques et des parasites, garantissant ainsi une « haute pureté du produit ».
L’eau du lac de Walenstadt sera utilisée pour l’élevage. Une station de pompage sera construite pour aspirer l’eau à une profondeur d’au moins 50 mètres. D’autres fermes salmonicoles plus modestes existent déjà en Suisse, notamment à Lostallo dans le canton des Grisons, et utilisent la même technologie en boucle fermée.

Des préoccupations soulevées par Fair-fish
Fair-fish a exprimé son opposition via une publication sur Facebook, soulignant que jusqu’à 1,5 million de saumons pourraient être élevés simultanément dans l’installation.
« Il s’agit d’une agriculture industrielle pure et simple. »
Fausta Borsani, directrice générale de Fair-fish
L’organisation critique le manque d’espace dans les installations en circuit fermé, qui engendrerait stress, ennui, blessures et souffrances chez les poissons. Elle estime également que ces conditions d’élevage ne permettent pas aux animaux de satisfaire leurs besoins naturels.

Concernant les affirmations de Swiss Blue Salmon AG concernant la durabilité de son projet, Fausta Borsani tempère : « C’est certes plus respectueux de l’environnement que les cages en mer, mais notre priorité reste le bien-être animal, et ce n’est pas garanti ici. » Fair-fish milite pour une réduction significative de la consommation mondiale de saumon.
Swiss Blue Salmon se défend
Ruedi Ryf, PDG de Swiss Blue Salmon AG, se montre serein face à l’objection et réfute les critiques. Il souligne que le saumon est un poisson grégaire qui se sent bien en groupe, et que le système de circulation fermé répond à toutes les exigences en matière de bien-être animal.
« Il ne s’agit absolument pas d’un élevage industriel. »
Ruedi Ryf, PDG de Swiss Blue Salmon AG
Il met également en avant les retombées économiques positives du projet, avec la création d’une cinquantaine d’emplois qualifiés et des bénéfices pour les entreprises locales, les prestataires de services et le tourisme. Le canton de Glaris pourrait également percevoir des recettes fiscales supplémentaires.
M. Ryf se dit ouvert au dialogue et aux critiques : « Il est normal d’être critique face à un projet de cette envergure. Nous souhaitons discuter avec Fair-fish et les convaincre de nos arguments. » Il précise que les habitants de Weesen étaient initialement préoccupés par les éventuelles odeurs, mais que l’installation étant totalement fermée, ce risque est écarté.
Si tout se déroule comme prévu, les travaux de construction devraient débuter en 2027. L’entreprise a déjà associé le groupe Erne et Hollinger AG au financement de ce projet de 180 millions de francs suisses.
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