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Swiss Re recommande des investissements plus audacieux dans les prêts liés à l’assurance afin de renforcer la résilience des États face aux catastrophes

Publié le 17 novembre 2025 à 10h05. Swiss Re, l’un des principaux assureurs-réassureurs mondiaux, plaide pour une utilisation plus systématique des prêts liés à l’assurance afin de renforcer la résilience financière des pays face aux catastrophes naturelles et…

Swiss Re recommande des investissements plus audacieux dans les prêts liés à l’assurance afin de renforcer la résilience des États face aux catastrophes

Publié le 17 novembre 2025 à 10h05. Swiss Re, l’un des principaux assureurs-réassureurs mondiaux, plaide pour une utilisation plus systématique des prêts liés à l’assurance afin de renforcer la résilience financière des pays face aux catastrophes naturelles et de limiter l’impact de la dette souveraine.

  • Swiss Re estime que les prêts liés à l’assurance, combinés à d’autres instruments financiers comme l’assurance paramétrique et les obligations catastrophe, peuvent aider les pays à mieux gérer les risques liés aux catastrophes.
  • L’entreprise souligne que le remboursement de la dette peut devenir un obstacle majeur à la reprise après une catastrophe, et que les reports de paiement ne sont qu’une solution temporaire.
  • Un coût supplémentaire de 20 à 60 points de base pour une assurance de la dette souveraine pourrait être un investissement rentable, permettant de réduire les coûts globaux liés aux catastrophes et de renforcer la confiance des créanciers.

Les pays en développement, souvent dépendants des prêts internationaux pour financer leur croissance, sont particulièrement vulnérables aux conséquences financières des catastrophes naturelles. Selon Swiss Re, le remboursement de ces prêts après un sinistre peut compromettre les efforts de reconstruction et aggraver la situation économique. Gerry Lemcke, responsable des ventes techniques, et Maria Zou, responsable technique des ventes pour les solutions pour le secteur public chez Swiss Re, soulignent ce paradoxe : les financements destinés au développement se transforment en un fardeau après une catastrophe.

Récemment, les clauses de dette résiliente au climat (CRDC) ont permis à certains pays de suspendre temporairement le paiement des intérêts et du principal de leurs dettes après une catastrophe. Cependant, Swiss Re met en garde contre les limites de ces reports, qui ne font que repousser le problème sans l’éliminer. L’exemple de la Grenade est frappant : après l’ouragan Ivan en 2004, l’île a dû faire face à un défaut de paiement de sa dette souveraine. Vingt ans plus tard, l’ouragan Beryl a frappé, et la Grenade a été le premier pays à recourir à un report de paiement de sa dette grâce à ces clauses CRDC. Si ce report a permis de dégager des liquidités urgentes, il n’a pas résolu le problème de fond.

« Un paradoxe apparaît, car les prêts qui permettent le développement deviennent un obstacle à la reprise. »

Gerry Lemcke et Maria Zou, Swiss Re

Les prêts liés à l’assurance offrent une alternative intéressante. Ces instruments financiers incluent une protection qui couvre le remboursement de la dette en cas de catastrophe, permettant un allégement permanent de la dette. Swiss Re estime que le coût d’une telle assurance, estimé entre 20 et 60 points de base, est comparable aux frais d’engagement de nombreux instruments de prêt conditionnels et pourrait même s’avérer moins coûteux à long terme. L’entreprise a mené des simulations qui démontrent que la liquidité dégagée par l’assurance peut être bien plus importante que prévu, comme l’illustre l’exemple de la Grenade où un prêt lié à l’assurance aurait pu couvrir une part significative des besoins immédiats après l’ouragan Beryl.

Swiss Re précise que les prêts liés à l’assurance ne doivent pas être considérés comme un substitut aux instruments de transfert de risques plus importants, tels que les obligations catastrophe. Ils constituent plutôt un complément précieux à une stratégie globale de résilience aux catastrophes. Depuis 2011, Swiss Re Public Sector Solutions propose des solutions de transfert de risques au secteur public et considère ces prêts liés à l’assurance comme un outil essentiel pour renforcer la résilience des pays face aux catastrophes naturelles. L’entreprise s’inspire des pratiques courantes dans le secteur agricole, où l’assurance multirisque est souvent associée aux prêts accordés aux agriculteurs.

« Les prêts liés à l’assurance peuvent créer une stabilité durable, permettant aux emprunteurs et aux créanciers de gérer les risques croissants de catastrophe tout en construisant simultanément un système financier mondial plus solide et plus inclusif. »

Gerry Lemcke et Maria Zou, Swiss Re

En encourageant une collaboration accrue entre les gouvernements, les banques de développement et les investisseurs privés, Swiss Re espère faciliter l’accès au financement pour les pays les plus vulnérables et promouvoir une gestion plus efficace des risques liés aux catastrophes naturelles.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.