Publié le 29 septembre 2025 à 03h08. Face à la hausse continue des loyers et à une conjoncture hypothécaire plus favorable, les jeunes actifs espagnols envisagent de plus en plus l’achat immobilier comme une alternative viable, voire plus avantageuse, à la location.
- L’augmentation des prix des loyers atteint 10,5 % sur un an, avec un prix moyen au mètre carré de 14,5 euros.
- 43 % des jeunes actifs considèrent désormais l’acquisition d’un logement comme un investissement et une garantie d’avenir, une hausse de 5 points par rapport à 2024.
- La différence entre les mensualités d’un prêt immobilier et le montant d’un loyer incite les moins de 35 ans à reconsidérer leurs priorités résidentielles.
La donne évolue sur le marché immobilier espagnol. Si la flexibilité et la liberté offertes par la location étaient autrefois les principaux atouts pour les jeunes, l’équation financière penche désormais en faveur de l’achat. L’augmentation soutenue des prix des loyers, conjuguée à une stabilisation des taux hypothécaires, pousse une part croissante de la population de moins de 35 ans à envisager l’acquisition d’un bien comme une solution plus économique et plus sûre à long terme.
Selon une étude récente de Fotocasa Research, intitulée Les jeunes et le marché du logement en 2025, 43 % des jeunes actifs considèrent désormais l’achat immobilier comme un investissement et une forme de sécurité financière, une augmentation significative de 5 points par rapport à l’année précédente. Ce changement de perception est notamment lié à la différence de coût entre un remboursement hypothécaire et un loyer mensuel.
« La différence entre une mensualité hypothécaire et un loyer redéfinit les préférences résidentielles des moins de 35 ans. »
María Matos, directrice des études et porte-parole de Fotocasa
Dans de nombreuses régions, il est désormais plus abordable d’acheter un logement que de le louer. Cette situation, combinée à une tradition culturelle forte en Espagne en faveur de la propriété, encourage les jeunes à voir l’achat comme un moyen de se constituer un patrimoine et de se prémunir contre l’avenir.
Les chiffres sont éloquents : un remboursement hypothécaire moyen d’environ 1 300 euros pour un bien estimé à 400 000 euros est inférieur aux 1 800 euros qui seraient nécessaires pour louer ce même bien. Cette réalité économique incite les jeunes à reconsidérer leurs options.
Parallèlement, 42 % des jeunes interrogés considèrent l’acquisition d’un logement comme un investissement à long terme. 39 % estiment que la location représente une perte d’argent, et 19 % voient dans l’achat un moyen de se constituer un actif.
D’autres facteurs contribuent à cette tendance. 26 % des jeunes justifient leur préférence pour l’achat par une amélioration de leur situation économique, tandis que 10 % soulignent une plus grande facilité d’accès au crédit hypothécaire. Cependant, une part non négligeable de jeunes continue de privilégier la location, principalement pour des raisons économiques. 44 % d’entre eux estiment ne pas disposer de revenus suffisants pour acquérir un bien, et 22 % attendent une baisse des prix avant de se lancer.
Au-delà des considérations financières, la flexibilité offerte par la location reste un critère important pour certains. 25 % des jeunes choisissent cette option en raison de leur mobilité professionnelle, 18 % privilégient la liberté et la flexibilité, 12 % craignent l’incertitude quant à leurs revenus futurs, et 11 % souhaitent éviter de s’endetter et de ne pas s’engager dans un achat trop coûteux.
Enfin, la volonté personnelle reste un facteur déterminant pour les jeunes actifs sur le marché immobilier. 34 % d’entre eux indiquent que c’est leur principale motivation, un chiffre stable par rapport aux années précédentes. D’autres considérations, telles que l’amélioration de leur logement actuel ou le désir de vivre en couple, sont également prises en compte par 32 % des jeunes.
