Le coût total du dispositif de sécurité déployé pour le sommet du G7, tenu à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026, s’élève à 31,6 millions de francs. Sur cette somme, le canton de Genève doit supporter une charge de 19,1 millions de francs, tandis que la Confédération prend en charge 12,5 millions, selon les chiffres communiqués par la conseillère d’État Carole-Anne Kast.
Une charge financière contestée par Genève
L’organisation de ce sommet sur le territoire français a nécessité un déploiement massif des forces de l’ordre suisses en raison de la proximité immédiate avec Genève. Carole-Anne Kast, conseillère d’État chargée des Institutions, a affirmé dans un entretien avec « L’Agefi » que Genève « a largement subi les décisions françaises quant au lieu, à la date et au format » de l’événement.
L’élue a déploré que la France n’ait, jusqu’à présent, manifesté « aucune volonté d’entrer en matière » concernant une éventuelle prise en charge des coûts. Elle a également estimé que la Confédération aurait pu se montrer « plus ferme » lors des négociations avec Paris, notamment en conditionnant la mise à disposition de l’aéroport de Genève à un accord financier.
Détails des dépenses sécuritaires
Le coût global de 31,6 millions de francs se répartit entre plusieurs postes de dépenses techniques et humains. Le Conseil d’État a notamment décidé de payer 100 heures supplémentaires par agent pour compenser l’effort fourni, représentant un coût de 13 millions de francs.
Les autres frais incluent :
- Les heures de travail normales de la police genevoise et les renforts confédérés.
- Le ravitaillement et l’hébergement des troupes.
- La location de Palexpo, utilisé comme poste de police temporaire.
- La location de véhicules et de systèmes anti-drone.
- La sécurisation du tarmac de l’aéroport et la cybersécurité.
- L’indemnisation des dégâts.
Épuisement et tensions au sein de la police
Le déploiement a représenté une charge de travail considérable : le mois de juin a équivalu à huit mois de travail pour la police genevoise. Les syndicats ont alerté sur les risques d’erreurs professionnelles et d’accidents dus à la fatigue, signalant que certains policiers ont travaillé jusqu’à 12 heures par jour pendant dix jours consécutifs.
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Les représentants du personnel ont critiqué le manque de consultation pour la planification des troupes et la préparation des missions. De son côté, la direction de la police a justifié ces « mesures de planification exceptionnelles » par la nécessité de disposer de l’intégralité des effectifs face aux risques encourus, précisant que les agents avaient été informés dès juin 2025 du blocage des repos et des congés durant le sommet.
Un contexte opérationnel tendu
Le dispositif a dû faire face à des incidents lors de manifestations. Si la majorité des rassemblements était pacifique, environ 600 individus organisés en deux groupes ont utilisé le cortège pour s’abriter et cibler des banques ainsi que des organisations internationales. Ces individus avaient dissimulé des armes le long du parcours. La police a répondu par une approche graduée, et aucun blessé grave n’est à déplorer.

Cette mobilisation s’est inscrite dans un calendrier dense, les forces de l’ordre devant rester mobilisées jusqu’à l’automne pour d’autres événements tels que le Triathlon, la fête de la Musique, le Sail GP et le Tour de France cycliste féminin.
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