Publié le 2025-12-12 01:31:00. Une nouvelle étude menée sur des souris révèle que même après un retour à une alimentation normale, les effets d’un régime riche en graisses persistent sur le métabolisme et la composition du microbiote intestinal, soulignant la complexité de la relation entre l’hôte et ses microbes. Cette recherche propose également un modèle expérimental à faible coût pour étudier l’obésité.
- Un régime riche en graisses (HFD) induit l’obésité chez la souris, mais les effets ne disparaissent pas complètement avec un retour à une alimentation standard.
- La composition du microbiote intestinal est significativement modifiée par le HFD, avec des changements spécifiques dans les acides gras à chaîne courte (AGCC) comme l’acétate et le butyrate.
- L’étude identifie des voies métaboliques potentiellement impactées par le HFD, notamment celles liées à la production de diphosphate de thiamine.
Les régimes riches en graisses (HFD) sont fréquemment utilisés en recherche pour induire l’obésité et étudier ses conséquences métaboliques. Cependant, la mise en place de ces régimes peut s’avérer coûteuse et difficile à reproduire de manière fiable. Une équipe de chercheurs a donc évalué un modèle HFD à faible coût chez la souris, afin d’analyser les changements métaboliques, oxydatifs et microbiens qui surviennent, et de déterminer si ces altérations sont réversibles lors d’un retour à une alimentation normale.
L’étude a porté sur des souris mâles C57BL/6, divisées en deux groupes. Le premier a été nourri pendant 12 semaines avec une alimentation standard (CTN), tandis que le second a reçu un HFD supplémenté en saindoux pendant la même période (Phase 1). Les deux groupes ont ensuite été soumis à un régime standard pendant 12 semaines supplémentaires (Phase 2), afin d’observer l’évolution de leur état.
Les résultats ont montré que le HFD augmentait significativement le poids corporel, la circonférence abdominale, l’indice de Lee (un indicateur de l’obésité) et la masse du tissu adipeux par rapport au groupe CTN. Après la normalisation du régime alimentaire, les deux groupes ont perdu du poids, mais les souris ayant été précédemment obèses ont conservé un indice de Lee plus élevé et des profils lipidiques et d’acide urique différents. Aucun signe de stress oxydatif au niveau du foie n’a été détecté après la phase de normalisation.
L’analyse des échantillons fécaux a révélé des modifications dans les profils d’acides gras à chaîne courte (AGCC). Le groupe CTN présentait des niveaux plus élevés d’acétate, tandis que les souris ayant suivi le HFD affichaient une concentration plus importante de butyrate. L’étude a également permis d’identifier une bactérie non classée de la famille des Rickettsiales, exclusivement présente chez les souris ayant consommé le HFD, et associée à une voie métabolique spécifique. Par ailleurs, le groupe CTN présentait une abondance accrue de la voie de formation du diphosphate de thiamine (PWY-7357), suggérant une amélioration du métabolisme oxydatif.
En conclusion, ce modèle HFD à faible coût s’est avéré efficace pour induire l’obésité et perturber l’équilibre du microbiote intestinal (dysbiose). La normalisation alimentaire a entraîné une modulation partielle de l’équilibre métabolique et microbien, soulignant la plasticité de l’interaction entre l’hôte et son microbiote. Ces résultats mettent en évidence la complexité des effets à long terme d’une alimentation riche en graisses et la nécessité de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la réversibilité de ces effets.
Mots-clés : le butyrate ; dysbiose ; modèle expérimental ; stress oxydatif.
