Publié le 26 février 2024 18:35:00. Dick Cheney, figure marquante de la politique américaine et vice-président sous George W. Bush pendant deux mandats, est décédé à l’âge de 84 ans, laissant derrière lui un héritage controversé façonné par les guerres en Irak et en Afghanistan.
- L’ancien vice-président américain Dick Cheney est décédé à l’âge de 84 ans.
- Il a occupé des fonctions clés sous plusieurs présidents, notamment Richard Nixon, Gerald Ford, George H.W. Bush et George W. Bush.
- Son influence sur la politique étrangère américaine, en particulier après les attentats du 11 septembre, reste un sujet de débat.
Dick Cheney, un homme politique républicain chevronné, a marqué de son empreinte plusieurs décennies de la vie politique américaine. Issu d’une famille modeste, il a gravi les échelons du pouvoir grâce à son intelligence et à son sens politique aigu. Après des études brillantes à l’université Yale, il a entamé une carrière politique qui l’a mené à la Maison Blanche sous l’administration Nixon, où il a débuté comme assistant.
Son ascension a été rapide. Il a ensuite servi comme chef de cabinet du président Gerald Ford, devenant le plus jeune à occuper ce poste. Sous Ronald Reagan, il a été élu membre du Congrès, avant d’être nommé secrétaire à la Défense par George H.W. Bush pendant la première guerre du Golfe (1990-1991). Mais c’est son rôle de vice-président sous George W. Bush qui l’a propulsé sur le devant de la scène internationale.
Cheney a joué un rôle central dans la réponse américaine aux attentats du 11 septembre 2001. Alors que le président Bush était mis en sécurité, il a pris les commandes, travaillant en étroite collaboration avec le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, un allié de longue date. Il a plaidé pour une réponse forte et déterminée, ouvrant la voie aux interventions militaires en Afghanistan et en Irak.
La décision d’envahir l’Irak en 2003, justifiée par l’affirmation que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive et était lié à Al-Qaïda, reste l’un des aspects les plus controversés de son héritage. Ces accusations se sont avérées infondées. Selon des chiffres officiels américains, plus de 4 431 soldats américains ont perdu la vie en Irak, et près de 32 000 ont été blessés. En Afghanistan, où les troupes américaines sont restées engagées pendant deux décennies, le bilan s’élève à 2 352 morts et plus de 20 000 blessés. L’Institut Watson des affaires internationales et publiques de l’Université Brown estime qu’au moins 800 000 personnes ont été tuées dans les conflits en Irak, en Afghanistan, en Syrie, au Yémen et au Pakistan depuis 2001.
Au-delà de la politique étrangère, Cheney a également été une figure controversée en raison de son soutien à l’utilisation de techniques d’interrogatoire controversées, considérées par beaucoup comme de la torture, contre les détenus après le 11 septembre. Il a continué à défendre ces pratiques même après avoir quitté ses fonctions.
La famille Cheney a annoncé son décès sans préciser les causes. Sa fille, Liz Cheney, elle-même figure politique républicaine, a suivi les traces de son père en tant que représentante du Wyoming. En 2018, le biographe de Cheney, Jake Bernstein, déclarait au Guardian :
« Il y a eu une certaine réhabilitation avec George W. Bush. En comparaison avec Donald Trump, tout le monde commence à mieux paraître. Mais Dick Cheney a aimé le fait que tout le monde l’appelle Dark Vador. Je ne pense pas qu’il fera un effort de sa part pour adoucir son image. »
Jake Bernstein, biographe de Dick Cheney
Malgré ses problèmes cardiaques, Cheney avait déjà survécu à trois crises cardiaques avant d’être choisi par George W. Bush comme colistier pour l’élection présidentielle de 2000. Un incident marquant de son mandat de vice-président fut lorsqu’il a accidentellement blessé un compagnon de chasse en tirant sur lui.
