Home NouvellesNew York, New York: 24 ans après le 11 septembre, l’ancien chef d’Al-Qaïda Ahmad al-Sharaa pour s’adresser à l’UNGA en tant que président syrien | Nouvelles mondiales

New York, New York: 24 ans après le 11 septembre, l’ancien chef d’Al-Qaïda Ahmad al-Sharaa pour s’adresser à l’UNGA en tant que président syrien | Nouvelles mondiales

by Nicolas Lefèvre

Ahmad Al-Sharaa à l’ONU : Un ancien chef d’Al-Qaïda à la tête de la Syrie

Le président syrien Ahmad Hussein al-Sharaa, également connu sous son ancien nom de guerre Abu Mohammad al-Julani, est arrivé à New York pour assister à l’Assemblée générale des Nations Unies. Il s’agit de la première visite d’un président syrien à cet événement en près de six décennies.

Al-Sharaa, l’actuel président de la Syrie, est une figure dont l’ascension au pouvoir a suscité une attention mondiale. Né à Riyad, en Arabie saoudite, en 1982 dans une famille sunnite syrienne, il a passé ses premières années à Damas. Son parcours vers la présidence est exceptionnel : de son engagement dans l’insurrection irakienne au sein d’Al-Qaïda en Irak, à cinq années de détention, en passant par la fondation du Front al-Nusra en Syrie, et finalement, la direction de la coalition Hay’at Tahrir al-Sham (HTS) qui a renversé Bachar al-Assad fin 2024.

Sa visite à l’ONU marque un retour historique d’un président syrien à l’Assemblée générale après près de six décennies.

Al-Qaïda et le 11 septembre : L’engagement des États-Unis avec le président syrien

Le président Ahmad Al-Sharaa suscite d’importantes critiques en raison de son passé de chef militant. Ancien chef de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), une organisation autrefois affiliée à Al-Qaïda, il était auparavant recherché par les États-Unis avec une récompense de 10 millions de dollars. Son récent retrait de la liste des personnes terroristes désignées par les États-Unis et la reconnaissance diplomatique qui a suivi ont soulevé des inquiétudes parmi les experts et les décideurs politiques, qui estiment que les intérêts stratégiques pourraient primer sur l’engagement américain dans la lutte contre le terrorisme. Les critiques avertissent que s’engager avec un ancien extrémiste pourrait envoyer un signal préoccupant à d’autres groupes partageant des idéologies similaires.

De plus, des doutes subsistent quant à savoir si le changement de marque de HTS représente un véritable changement idéologique ou une simple manœuvre tactique, notamment compte tenu des antécédents du groupe en matière de violations des droits de l’homme et d’obstruction à l’aide humanitaire. Les États-Unis justifient leur approche comme faisant partie d’une stratégie plus large visant à stabiliser la Syrie et à contrer l’influence russe, mais cette décision a relancé le débat sur l’équilibre entre le pragmatisme et les principes éthiques en matière de politique étrangère. Les observateurs internationaux continuent d’examiner les implications à long terme pour la stabilité régionale et les efforts mondiaux de lutte contre le terrorisme.

Les premiers liens militants d’Ahmad Al-Sharaa

Avant son ascension politique, Al-Sharaa a été impliqué dans Al-Qaïda en Irak, qui faisait partie du réseau djihadiste mondial responsable des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Bien qu’Al-Sharaa n’ait pas été directement impliqué dans la planification ou l’exécution des attentats du 11 septembre, sa direction de groupes affiliés à Al-Qaïda en Irak et plus tard en Syrie l’a lié à la même idéologie extrémiste et aux mêmes réseaux opérationnels.

Après sa capture en 2006 et sa libération en 2011, il a fondé le Front Al-Nusra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, pour combattre le régime d’Assad. En 2016, il a pris ses distances avec Al-Qaïda et a rebaptisé le groupe en une entité plus nationaliste. Malgré ces efforts pour s’éloigner du djihadisme transnational, ses affiliations passées continuent d’influencer la perception internationale de son gouvernement.

Dans un revirement de politique significatif, les États-Unis ont retiré HTS et Al-Sharaa de leur liste de personnes terroristes désignées en juillet 2025. Cette décision s’inscrivait dans le cadre d’une stratégie plus large visant à s’engager avec le nouveau leadership syrien et à soutenir ses efforts de stabilisation. Le président Donald Trump a rencontré al-Sharaa en mai 2025, signalant un dégel des relations. Par la suite, les États-Unis ont levé de nombreuses sanctions imposées au régime d’Assad, dans le but de faciliter la reconstruction de la Syrie et de favoriser la stabilité régionale.

Défis intérieurs : Tensions sectaires et gouvernance

Malgré le soutien international, le gouvernement d’al-Sharaa est confronté à d’importants défis internes. La violence sectaire, ciblant notamment les communautés minoritaires telles que les druzes et les alaouites, menace l’unité nationale. Les forces kurdes dans le nord-est et les communautés druzes du sud continuent de résister à l’intégration de l’État et exigent une plus grande autonomie. Al-Sharaa s’oppose au fédéralisme, plaidant pour une Syrie unifiée, mais les appels croissants à la décentralisation indiquent un avenir complexe pour la réconciliation nationale. Les observateurs avertissent que les griefs sectaires non résolus pourraient raviver des conflits à grande échelle. Garantir les droits des minorités et l’inclusion politique seront des tests clés pour la direction d’al-Sharaa dans les années à venir.

La présence d’al-Sharaa à l’Assemblée générale des Nations Unies marque un tournant dans la trajectoire post-conflit de la Syrie. Bien que son passé d’islamiste militant continue d’influencer les perceptions internationales, ses engagements diplomatiques actuels illustrent une approche pragmatique de la gouvernance. La manière dont les États-Unis et les autres puissances mondiales équilibreront les intérêts stratégiques avec les préoccupations concernant son passé extrémiste restera un aspect essentiel de l’avenir politique de la Syrie. Les analystes estiment que les mois à venir seront cruciaux pour déterminer si Al-Sharaa peut consolider son pouvoir au niveau national tout en maintenant une légitimité internationale prudente.

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